Zoom | The Haxan Cloak – Excavation

The Haxan Cloak

Fin 2012, le label américain Tri Angle Records nous laissait en possession de l’album de Vessel, Order Of Noise, qui marquait déjà un certain changement de direction par rapport à ses prédécesseurs. Leur première sortie en 2013 coupe, elle, tout lien avec la « witch house » qui a fait la renommée du label, et on ne s’en plaindra pas. Car la tentative de Vessel de s’affranchir des codes de Tri Angle tout en suivant une certaine ligne de conduite était louable, mais sa galette gardera un arrière goût d’inachevé pour moi, comme s’il n’avait pas voulu, ou pas osé aller plus loin dans l’expérimentation. Et si Balam Acab, Clams Casino, Holy Other et leurs complices ont eu leur heure de gloire à juste titre, The Haxan Cloak vient dépoussiérer le tout sur fond d’apocalypse, en faisant au passage exploser les standards du label.

Le premier album éponyme de The Haxan Cloak, ou Bobby Krlic pour les intimes, laissait entrevoir un travail d’occupation de l’espace sonore dans lequel l’ambient et le drone côtoyaient des éléments acoustiques de la plus belle des manières. Excavation, quant à lui, est bien plus minimaliste et explore davantage les possibilités qu’offrent le vide et le silence. Les basses résonnent, comme venues d’outre-tombe. Chaque sonorité semble devoir transpercer une épaisse couche de brume avant de nous arriver, ce qui en décuple les effets. On suffoque, hypnotisé et impuissant. Le son du jeune anglais a clairement évolué, incorporant une forte dimension électronique et laissant une part réduite aux instruments entendus sur son premier essai. Que les fans de la première heure se rassurent, ils pourront tout de même retrouver dans Excavation l’intensité perçue il y a deux ans. Et c’est bien ce qui frappe au bout des 50 minutes de cet album : malgré cette impression de vide constant, tout est produit de manière à placer l’auditeur en position de vulnérabilité permanente, à la merci des expérimentations sonores déployées tout le long. Et The Haxan Cloak semble prendre un malin plaisir à oppresser son public à chaque instant de son disque, bien aidé par la cohérence entre les morceaux qui est d’ailleurs une pièce maitresse de la réussite de celui-ci.

En conclusion, Excavation s’avère impressionnant de maîtrise et de maturité. Jamais un album aussi angoissant et sombre ne m’avait paru si attachant. Bobby Krlic s’amuse à nous rendre dépendant de la noirceur de son disque et à renouveler l’expérience inconsciemment autant de fois que nécessaire pour en être imprégné jusqu’à la moelle… La plus grosse claque de l’année jusqu’ici, et un indispensable dans votre bibliothèque. Et que dire de la sublime cover qui l’accompagne ?

Tracklist :
01 Consumed
02 Excavation (Part 1)
03 Excavation (Part 2)
04 Mara
05 Miste
06 The Mirror Reflecting (Part 1)
07 The Mirror Reflecting (Part 2)
08 Dieu
09 The Drop

Buy : Digital / CD / Vinyl

1 comment
  1. Faux Effet says:

    This is magic

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