(TAL070) Jay Haze


jay haze

Après un début d’année en fanfare grâce à Sebastian Mullaert, notre série de podcasts continue aujourd’hui avec ni plus ni moins que Monsieur Jay Haze. Je ne pense pas qu’il soit indispensable de le présenter, tant il fait aujourd’hui partie des quelques DJs et producteurs qui sont universels, mais attardons nous tout de même un peu sur sa carrière et son actualité… Originaire de Philadelphie, qu’il quitte il y a une dizaine d’années pour s’installer à Berlin, Jay Haze a une carrière bien remplie derrière lui. DJ dont le seul nom permet d’attirer une foule non négligeable, producteur émérite aux nombreuses sorties de qualité et aux collaborations prestigieuses (Ricardo Villalobos, entre autres), et patron de labels (Tuning Spok et Contexterrior)… On pourrait croire que son emploi du temps bien rempli ne laisserait que peu de place à d’autres engagements, et pourtant, Jay trouve encore le temps de parcourir le monde à des fins humanitaires… Oui, Jay Haze est un homme bien. Que ce soit sous son nom ou sous son alias Fuckpony, il a toujours su combler les amateurs d’une house raffinée et dansante, et il revient aujourd’hui avec une sortie sur Supernature, label fondé par Audiofly, pour un EP sous le signe de l’amour : From The Vaults EP (achetez le ici). Comme d’habitude, Jay prône l’amour plutôt que la guerre, via une deep house prenante et sensuelle. Il a été une valeur sûre de la musique des dix dernières années, et tout laisse à penser qu’il le sera également pour les dix prochaines…

Quant au mix qu’il nous a offert pour ce 70ème épisode de notre série, on va éviter les clichés habituels sur la technique pointilleuse et la sélection hors pair, nous parlons bien de Jay Haze après tout… Une heure de house telle qu’on aimerait en entendre plus souvent, parfois vocale, parfois plus brute, mais toujours entraînante, voilà ce qui vous attend avec ce podcast.

_________________________________________________

After an unhinged start for this new year, starring Sebastian Mullaert, our podcast series goes on today with Sir Jay Haze. I don’t think I even need to introduce him, as he’s part of the most respected producers and DJs around the world, but let’s spend some time on his news and career for a while anyway… Born in Philadelphia, he left his hometown for a decade to settle down in Berlin, and started to build himself a honking career. A DJ whose only name can bring a massive crowd, successful producer, with a huge amount of quality releases, a bunch of glorious collabs (Ricardo Villalobos, among many others…), and label manager (Tuning Spok and Contexterrior)… We could think that his overbooked agenda wouldn’t even let him any time to take part in other projects… Not even close, since he also finds some time to go around the world for charity causes. Yes, Jay Haze is a good guy. Whether it is under his own name or his alias Fuckpony he always managed to fulfill ritzy and groovy house amateurs’ expectations, and he’s coming back today with a release on Audiofly’s Supernature, for a maxi in the name of love : From the Vaults EP (buy it here). As always, Jay praises love over war, via a catchy and sensual house. He had been a reference in music for the past ten years, and he might remain one for the next decade as well.

Concerning the mix he gave us for our 70th episode, we are going to step out of the usual clichés on the remarkable technique, or the stunning track selection, we are talking about Jay Haze after all… An hour of house we’d like to hear more often, sometimes vocal, sometimes more rough, but always appealing, here’s what you can expect this week.

Download here : (TAL070) Jay Haze – 14.01.2012

(TAL069) Sebastian Mullaert aka Minilogue


minilogue

On commence l’année 2012 sur les chapeaux de roue avec un podcast exclusif signé Sebastian Mullaert, principalement connu pour le groupe Minilogue qu’il a fondé au début des années 2000 avec Marcus Henriksson. Même si le duo débutera sa carrière en s’intéressant à des genres de type progressive house ou psy-trance (via les alias Son Kite et Trimatic), une autre facette de leur talent finira par se révéler au grand jour avec les premières sorties sur Traum Schallplatten, Crosstown Rebels ou encore Wagon Repair entre 2005 et 2007. Profitant de ce succès pour lancer leur propre label éponyme, ils parviennent à se constituer une empreinte musicale bien distincte, puisant avec brio dans leurs diverses influences pour fabriquer une tech-house minimaliste et très particulière. Ils affirment ensuite ce nouveau style en sortant Animals en 2008, leur premier album en tant que Minilogue salué par la critique et composé de deux CDs, une partie techno et une autre plus ambient. Depuis quelques autres EPs ont suivi sur de très bons labels, et un nouvel album serait même attendu pour le début de l’année…Afin de patienter, vous pouvez toujours écouter The Möllan Sessions sorti en octobre dernier sur Mule, fruit de la collaboration ambient de Mullaert, Henriksson et le japonais Koss.

En solo aussi, Sebastian Mullaert jouit d’une renommée importante. C’est principalement via le label Mule Electronic que ses travaux en solitaire sont distribués, que ce soit sous la forme de mix (comme l’incroyable compilation Wa Wu We sortie en 2010) ou de maxis tel que Älva. En guise de podcast Sebastian nous a gentiment offert un extrait de son long mix réalisé à Kumamoto au Japon, histoire de voir ce que ça donne en club…Et le résultat est là.

_________________________________________________

We kick off the new year in style with an exclusive podcast by Sebastian Mullaert, better known for his group Minilogue that he founded with Marcus Henriksson back in 2000. Although the duo began its career by focusing on genres such as progressive house or psy-trance (under the monikers Son Kite and Trimatic), another facet of their talent will eventually be revealed with their releases on Traum Schallplatten, Crosstown Rebels or Wagon Repair between 2005 and 2007. Taking advantage of their success to create their own eponymous label, they managed to design a very distinctive sound, brilliantly using their various influences to craft a kind of minimalistic and very unusual tech-house. Then, they will assert this new identity with the release of the critically acclaimed Animals in 2008, their first album as Minilogue composed of two CDs, one for techno and one for their ambient works. Since then a few other EPs have been released on excellent labels, and a new album should be out in the next few months… To wait, you can still listen to « The Möllan Sessions » released last October on Mule, the collaborative ambient LP between Mullaert, Henriksson and Koss from Japan.

Sebastian Mullaert has a solid reputation in solo too. His personal projects are mainly distributed via the Mule Electronic label, whether in the form of compilation (such as the incredible « Wa Wu We » released in 2010) or EP like « Älva ». For our podcast, Sebastian kindly gave us an excerpt from his long mix made in Kumamoto, Japan, just to see how he does it in the club…And he does it good.

Download here : (TAL069) Sebastian Mullaert aka Minilogue – 09.01.2012

Zoom | Andy Stott – We Stay Together EP

andy stott

On y est, dans quelques heures nous serons en 2012, année de la fin du monde, bla bla bla. Les vannes sur les mayas fleurissent comme au printemps, de même que les best of annuels des différents sites et magazines… Il est toujours amusant d’y jeter un oeil, certains étant très intéressants, et d’autres méritant la palme du plus gros léchage de cul 2011. Mais ce n’est pas le sujet de ce soir… En effet, 2011 a apporté beaucoup de très bonnes choses musicalement parlant, et on se prêtera peut-être nous aussi au jeu du top, mais il y a quelqu’un qui méritait à mon sens plus que deux lignes dans un vulgaire classement : Andy Stott. Difficile de trouver des informations sur ce britannique somme toute assez mystérieux mais après tout, quoi de mieux pour connaître un musicien que de se plonger dans son oeuvre? Sorti en octobre, We Stay Together est seulement le deuxième EP de l’année pour monsieur Stott, après son excellent Passed Me By en mai. Mais Andy ne se fout pas de votre gueule, et chacune de ces deux sorties a de quoi vous tenir en haleine pendant de longs mois… D’autant plus qu’il a eu la très bonne idée de ressortir ses deux travaux en y ajoutant des morceaux inédits pour noël. Mais autant vous prévenir, il faut être sacrément couillu pour aller à l’assaut de la montagne sonore qu’est We Stay Together

S’ouvrant sur un Submission oppressant au possible, cet EP conçu comme un mini album laisse déjà entrevoir l’épaisseur du son d’Andy Stott… Si nombreux sont ceux qui reprochent aux musiques dites « minimalistes » d’être bien trop superficielles, il leur faudra trouver un nouveau cheval de bataille pour descendre le britannique. Chaque morceau est extrêmement dense, semblant être composé d’une stratification de couches sonores imbriquées les unes dans les autres, et donnant au tout un aspect brumeux, limite bruyant, mais toujours maitrisé. On aime abuser du terme « mental » pour qualifier la musique électronique, mais il est finalement totalement adapté dans notre cas… Difficile de sortir indemne de cet EP en tout cas, tant le bpm lent et l’ambiance sombre sont prenants. Entre dub techno et ambient apocalyptique, les 8 titres de la réédition de We Stay Together vous déconnectent de la réalité, vous poussant à enchainer les clopes histoire de rajouter un peu de fumée à l’atmosphère de la pièce et à ne pas vous échapper de cet état vaporeux à la fois si dérangeant et si plaisant. Les beats sont lourds, résonnent, et se font de plus en plus lointains à mesure que vous vous laissez aspirer par la musique, le souffle haletant et les yeux dans le vague… On est très loin des clichés de la techno de club, et les divagations sonores de Stott feront des ravages chez les amateurs de nuits blanches passées à comater devant un écran… Ecoute domestique plus que conseillée donc, et au casque, bien évidemment.

Au final, impossible de dégager une quelconque préférence entre les titres de We Stay Together, tant cet EP déborde de cohérence et restera gravé comme l’une des plus belles surprises de cette année 2011. Pas besoin d’en dire beaucoup plus, les mots me manquent et le mieux pour vous reste de vous plonger dans ce chef d’oeuvre, ainsi que dans Passed Me By, son précédent EP… La musique est la meilleure des drogues et Andy Stott l’a bien compris, à vous d’en prendre conscience maintenant.

(TAL068) Mihai Popoviciu


Il semblerait que les DJs roumains soient à la mode en ce moment, on s’en est bien rendu compte en voyant le line-up de la dernière Concrete qui accueillait une grosse partie de la team [a:rpia:r] sur le bateau du Port de la Rapée, il y a environ un mois. C’est d’ailleurs là que se déroulera la première soirée Weather ce samedi, avec entres autres Dan Andrei et Faster au programme…Encore des roumains quoi. Je ne sais pas trop quelle est la situation de la scène « minimale » en Roumanie, mais c’est vrai que ce pays compte pas mal de producteurs très talentueux, dont Mihai Popoviciu fait indéniablement partie. Il fut l’un des premiers de son pays à se lancer dans la techno et la house après avoir été bercé par les clips de musique électronique allemande qui passaient à l’époque sur Viva TV. Frappé de plein fouet par la vague rave des années 90, il découvre la production en 2001 mais ne sortira son premier maxi qu’en 2005, sur le fameux label Gigolo Records de DJ Hell. Depuis, il enchaîne les sorties à un rythme soutenu et rejoint la famille Highgrade en 2007; c’est d’ailleurs sur ce label qu’il a sorti son premier album The Unexpected Truth en début d’année, et qui plaira certainement aux amateurs de tech-house aérienne et groovy.

Le podcast qu’il a réalisé pour nous s’inscrit un peu dans la même veine, on y retrouve la tech-house décalée qui a fait son succès, le genre de musique qui passerait aussi bien en warm-up que sur les enceintes du salon. Enjoy, et bonne année.

_________________________________________________

It seems that Romanian DJs are fashionable at the moment, as suggested by the latest Concrete party’s line-up which hosted a big part of the [a:rpia:r] team on the Monte Cosy boat, about a month ago. This is also where the first Weather party will be held this Saturday, with Dan Andrei and Faster among others…Romanians, again. I don’t know what’s the « minimal » scene like in Romania, but one sure thing is that this country has a lot of very talented producers, including Mihai Popoviciu. He was one of the first Romanians to engage in house and techno after being rocked by the German electronic music shows aired on Viva TV at the time. Hit hard by the rave wave in the 90s, he started producing in 2001 and released his first EP in 2005 on DJ Hell’s famous Gigolo Records. Since then he put out many other records and joined Highgrade Records in 2007, on which he released his first LP called « The Unexpected Truth » earlier this year, the kind of album that will certainly appeal to groovy tech-house fans.

The podcast he recorded for us is a bit in the same vein, it’s made out of catchy techno and house similar to his own productions, and it’s clearly the kind of stuff that would be perfect in a warm-up or on your living-room’s speakers. Enjoy, and happy new year.

Download here : (TAL068) Mihai Popoviciu – 28.12.2011

Narcotechno


Playlist à thème aujourd’hui. Vous en avez marre de passer pour un camé auprès de vos potes les moins aguerris à la musique électronique? Et bien j’ai une mauvaise nouvelle pour vous, cela ne va pas s’arranger… Comme le titre le laisse deviner, on s’attaque aujourd’hui à ce que la drogue apporte de mieux à la techno. Boucles hypnotiques en vue, si vous êtes venus chercher votre dose de house homosexuelle, passez votre chemin. Branchez votre meilleur casque, il serait bête d’en perdre la moindre miette…

Rise of the machines. C’est ce qui ressort clairement des 10 minutes de Satori, issu du dernier EP en date d’Etienne Jaumet. Le morceau prend lentement de l’ampleur avec ce son organique qui lui est si cher, déployant petit à petit son armada de machines et délivrant par la même occasion un des meilleurs morceaux sortis sur Versatile cette année. C’est la fin du monde, vous reprendrez bien un peu de mdma avec ceci?

Etienne Jaumet – Satori

On continue avec Donato Dozzy, le type qui peut vous faire oublier votre haine de l’Itale en trois accords. Ce mec a un don pour me tenir en haleine pendant des heures avec des morceaux qui varient à peine. C’est froid, c’est hypnotique et ça emporte très loin. Un peu à l’image de son album K, difficile à trouver, mais qui vaut son pesant d’or… Donato Dozzy épure ici le morceau de Tin Man pour obtenir ce à quoi devrait ressembler tout bon titre d’acid aujourd’hui, masterpiece.

Tin Man – Nonneo (Donato Dozzy Remix)

Les rennais de Darabi sont passés maîtres dans l’art de vous hypnotiser à base de slow-mo music et il est impossible de nier avoir erré dans un état vaporeux sur un de leurs morceaux si vous n’avez pas dormi lors des 12 derniers mois… Après leur premier EP sur Get The Curse Music ou encore le divin Truckin en début d’année, les deux français ont décidé de continuer sur leur lancée et de réquisitionner votre cerveau une fois de plus en remixant Clouded Vision. Alors certes, ce n’est pas tout récent, mais qui s’en soucie lorsque le contrat est pleinement rempli..?

Clouded Vision – Room 101 (Darabi Remix)

Vous savez déjà tout l’amour que l’on porte à Remote, donc on va faire ça vite. Les deux français ont ce que j’appellerais une discographie sans aucune faute, chacun de leurs travaux, si différents soient-ils, sont impeccables. Et Dior ne déroge évidemment pas à la règle… Attrapez le kaléidoscope le plus proche, ça va tanguer.

Remote – Dior

On reste accroché, car arrive selon moi LE morceau de 2010. Ce truc a rythmé mes nuits pendant un très, très long moment… Pas la peine de vous faire un topo sur Motor City Drum Ensemble, vous le connaissez déjà tous, mais autant vous dire qu’en remixant ce titre de Art Of Tones, il a fait fort. La basse est juste monstrueuse, et alliée au vocal de Jaw, ça donne tout simplement un des trucs les plus sexuels que j’ai jamais entendu. Difficile de ne pas se laisser emporter par ce morceau, mais attention tout de même à ne pas partir trop loin, Trace A Line nie toute responsabilité en cas de redescente impossible.

Art Of Tones feat. Jaw – Call The Shots (Motor City Drum Ensemble Remix)

Et comment aborder l’hypnose sans parler de M_nus? Et bien tout simplement en parlant de Items & Things. Vous n’êtes pas sans savoir que Marc Houle, Troy Pierce et Magda ont décidé de quitter la maison mère pour se consacrer à plein temps à leur propre label, qui enchaîne d’ailleurs les sorties prometteuses depuis le début de l’année… C’est d’ailleurs sur cette dernière qu’on va s’attarder un peu ce soir, et notamment sur son « Fixation » sorti à la fin de l’été sur un split EP des trois cités plus haut. Magda remet les choses au clair après un album plutôt décevant et on attend donc avec impatience ses prochaines sorties. En ce qui concerne le titre en question, il s’agit tout simplement pour moi d’un des morceaux les plus réussis de l’année… Cet espèce de synthé fantomatique qui part à 3 minutes et quelques me rend juste dingue, grosse dose.

Magda & Suade – Fixation

Oui, j’enchaîne bien avec dOP. Mais ne vous laissez pas tromper, même si les trois français et Life & Death nous ont plutôt habitués à de la house, Marius & David apportent ici une froideur et un hypnotisme plutôt rares sur le label de Tale Of Us. La montée vers le milieu du morceau, tout en retenue et en frustration est tout simplement jouissive… Le groove de dOP transformé en moiteur technoïde, that’s a bingo.

dOP – After Party (Marius & David Remix)

Et pour finir en beauté : Raudive, aka Oliver Ho. Je vous conseille vivement de jeter une oreille à son travail si c’est la première fois que vous entendez ce nom, ce dont je doute toutefois… Une techno brute et répétitive qui ravira les plus barrés d’entre vous. Pas de concession, on finit en trombe.

Raudive – Sigil

Sur ce, bonnes fêtes jeunes drogués.