Zoom | Dixon – Live At Robert Johnson


Nous sommes dimanche, la nuit a été courte. J’enclenche un peu par réflexe la huitième compil’ de Live At Robert Johnson. Comme à chaque fois, l’instant devient religieux, et la redescente initialement prévue se change en ascension. Je ne suis habituellement pas un grand fan des sets de Dixon, un peu trop denses et parasités par une profusion de voix pop. Pourtant, ce doit être la vingtième fois que j’écoute cette sélection superbement épurée. La rumeur dit que Dixon n’enregistrera plus de disques mixés après celui-ci. Parallèlement, la série des Live At Robert Johnson s’arrête avec cet épisode. Last but not least : assurément, on tient là le mix (commercialisé) le plus réussi cette année. Dixon offre un travail à la fois extrêmement raffiné et universel, puisque « on dirait les Floyd » selon les termes de ma proprio (copyright).

L’introduction occupe les vingt premières minutes. S’y installe tranquillement une mélancolie synthétique bien dosée. La tension progresse par touches, appuyée par cette légère pulsation dans le fond. On en vient à se demander comment ce prélude beatless peut se révéler aussi prenant, lorsqu’arrivent les premiers kicks sonnés par Agoria. Son meilleur morceau, tant qu’à faire (aucune objectivité inside). Le ton est donné : violons et lyrisme. Son périple continue avec une suite de pépites plus ou moins inconnues : le titre très introspectif de Hatikvah, puis ce Kenton Slash Demon qu’on adore et qui s’insère on ne peut mieux. Les gros noms de la deep actuelle se succèdent ; on entend ainsi Mark E, Roman Flugel et Âme. L’heure se termine avec les deux tubes rôdés que sont Envision et Snooze 4 Love.

Finalement, à mille lieues des derniers Watergate et autres Fabric décevants, ce disque est le mix à posséder cette saison. Et il y a fort à parier qu’il sera encore indécrottable dans dix ans. Concentré de poésie et de contemplation, le dernier Live At Robert Johnson s’avère être le parfait cadeau d’adieu d’une des têtes pensantes berlinoises. Bye bye Steffen. On se retrouve aux 15 ans de Versatile.

Cologne Tape – Render (Magazine Edit)

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