Interview | Solomun

Après Berlin, Francfort et Cologne, Hambourg serait bien en passe de devenir le nouvel eldorado de la tech-house à l’allemande. Depuis une dizaine d’années, c’est là en effet que Solomun et ses acolytes H.O.S.H. et Stimming ont décidé d’établir leur siège pour y développer leurs univers musicaux respectifs. Après avoir lancé son propre label Diynamic, Solomun n’aura pas laissé passer l’occasion de racheter l’Ego Club il y a environ deux ans, pour en faire aujourd’hui l’une des boîtes les plus prisées et pointues du pays. La 50e release de Diynamic et les 5 ans d’existence  du label – deux échéances majeures de cette année – confirment son statut de valeur sûre du circuit électronique allemand; juste récompense pour cette jeune structure régulièrement acclamée par la presse internationale. Rencontre avec Solomun pour discuter de ses projets, des cinq premières années de Diynamic, et de la musique bosniaque.

- English Version -

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Salut Solomun. Alors, tu as passé un bon été ?
Et bien j’ai fait quelques festivals en Europe, et on a démarré une grande tournée mondiale avec Stimming et H.O.S.H, pour les 5 ans de notre label Diynamic. La tournée a commencé début août au Brésil, on a joué dans quatre soirées dont une au D-Edge, une autre au Warung Beach Club et au Sunday à Rio.

Joli programme. Pour en revenir aux 5 ans de ton label… Avec un peu recul, qu’est ce que tu retiens de ces cinq années ? Le bilan est plutôt positif, non ?
Le label marche plutôt bien et nous sommes tous très fiers de ça. On bosse tous ensembles depuis un moment maintenant et nous avons tous grandi ensemble. C’est presque un cadeau, nous sommes une sorte de grande famille. On reçoit beaucoup d’amour et de feedbacks positifs, bien plus que nécessaire…

A cette occasion, vous avez donc démarré une tournée mondiale il y a quelques mois. Comment ça se passe pour le moment ? De belles soirées je suppose ? A quand une Diynamic à Paris ?
On a fait un bon nombre de soirées extraordinaires, et beaucoup d’autres encore sont a venir. J’ai déjà joué au Showcase à Paris avec David August il y a quelques mois. D’ailleurs la soirée était très réussie, les proprios du club ont été assez satisfaits, c’est pourquoi nous avons décidé de revenir là bas dans le cadre de la tournée, le 12 Novembre prochain avec Stimming, H.O.S.H., David August et moi-même.

J’ai lu quelque part que t’avais lancé ton propre club à Hambourg, le « Ego Club ». Tu peux nous en dire un peu plus ? D’où t’es venue cette envie là ?
Aux côtés d’Adriano, un collaborateur au sein du label, nous avons commencé nos soirées « DIY » à Hambourg il y a environ 7 ans. Pendant ce temps là, nous avons toujours rêvé de diriger notre propre club, alors il y a deux ans, lorsque nous avons eu l’occasion de racheter l’Ego, on l’a fait sans hésiter. On est très heureux de l’avoir repris et ravi de voir combien les gens apprécient cet endroit, surtout que le club marche plutôt bien. Nous avons beaucoup de très bons amis dans le milieu, et certains artistes ne veulent jouer que dans notre salle. Et c’est toujours flatteur d’entendre des gens comme Gadi Mizrahi et Nicolas Jaar qui ont balancé dans DJ Mag que nous étions l’un des trois meilleurs clubs au monde à leurs yeux.

Pourquoi avoir choisi Hambourg plutôt que Berlin ? La vie y est-elle meilleure ?
Tout simplement parce que j’ai grandi ici et j’adore vivre ici. C’est ma ville !

Chaque grande ville allemande a sa musique, son label, et généralement le club qui va avec. BPitch et le Trésor à Berlin, Gigolo à Munich, Playhouse et le Robert Johnson à Francfort, Kompakt à Cologne, etc… Est-ce que désormais, on peut en dire autant pour Diynamic et Hambourg ?
Comme je l’ai dit tout à l’heure, Adriano et moi avons commencé les soirées ici il y a pas mal d’années déjà, on fait partie de la scène musicale d’Hambourg depuis maintenant 7 ou 8 ans. Dans le même temps, on a lancé notre label il y a 5 ans et tout cela n’arrête pas de grandir et de prendre de l’ampleur au fil du temps. Désormais on a ce joli club, je partage la résidence avec H.O.S.H. et David August, et parallèlement à ça nous accueillons régulièrement des artistes comme Smallville, Jakob Seiensticker de Wareika ou encore les gars de Kollektiv Turmstrasse qui viennent jouer tous les 3 mois, à l’Ego uniquement. Donc tout va plutôt bien, et je pense que les gens sont contents d’avoir ce club à Hambourg.

DJ, producteur, promoteur, gérant de club, tu as beaucoup de casquettes différentes. Finalement, qui est vraiment Solomun, et quelle facette de son métier préfère-t-il ?
Haha, quand tu dis ça on dirait que je suis vraiment overbooké. Je dois avouer que parfois ce n’est pas si facile de gérer tout ça ensemble, mais tout est une question d’organisation.
J’ai un très bon partenaire qui s’occupe du label la plupart du temps. Nous avons également deux autres personnes qui travaillent pour nous et nous aident à prendre soin du label et du club. Ma soeur aussi, m’aide à faire tourner l’Ego, elle s’occupe du bar et de tous les trucs qui touchent à la logistique. Et elle est là tous les week-ends. Donc j’arrive quand même à trouver du temps pour produire… parfois !
Je joue aussi presque tous les week-ends. Mais dans tout ça, je dois aussi m’occuper un peu de moi-même, et c’est la chose la plus importante. Nous avons crée tout ça étape par étape. Je reçois également diverses propositions, mais il m’est impossible de tout faire…

Vous venez de lancer une succursale de Diynamic, qui porte le nom de 2DIY4. Dans quel intérêt ? Une nouvelle ligne artistique ?
C’est un peu un nouveau terrain de jeu, plus expérimental que Diynamic. Je considère le premier EP de ce nouveau label (Love Recycled EP) comme un hommage avec de très bons edits dessus. Le deuxième, qui arrive bientôt, sera dans la même veine. Mais pour le troisième maxi, nous avons prévu de sortir deux tracks d’un groupe indie/pop. Donc ce sera sensiblement différent.

Deux ans après la sortie de ton premier album, qui a reçu un très bon accueil et de très bonnes critiques, est-ce que tu prévois un second long format ou ce n’est pas encore d’actualité ?
Haha, l’album est sorti fin 2009, donc ça ne fait pas réellement deux ans… Mais pour l’instant, je n’ai pas vraiment envie de me pencher là dessus. Peut-être que l’année prochaine serait le bon moment pour commencer à travailler sur un nouvel album, je ne sais pas encore.

On t’a vu dernièrement sortir un morceau sur Rebellion, le sous-label de Crosstown Rebels. Comment en es-tu venu à signer là dessus ? D’ailleurs, est-ce que tu sais pourquoi Damian Lazarus a voulu lancer une nouvelle branche de sa structure ? C’était un one shot ou tu planifies quelques autres morceaux chez eux ?
Honnêtement, je n’avais pas prévu de sortir ce morceau, à cause des samples de voix. Quand j’ai fini le track, je l’ai simplement envoyé à quelques amis DJ que je connais et avec qui j’échange pas mal. Damian a été l’un d’eux et il est devenu fou de ce titre. Au même moment, il envisageait de lancer le nouveau label, mais au début nous ne savions pas si nous allions sortir le morceau sous forme digitale. J’avais aussi un peu peur et c’est pourquoi je n’ai pas voulu le sortir sur mon propre label. Mais il semble qu’aujourd’hui nous faisons encore partie d’une scène « underground » dans le milieu de la dance music, et il y a très peu de gens qui semblent s’en soucier.

Tu sors beaucoup de maxis en collaboration avec d’autres artistes, particulièrement ceux qui forment Diynamic. C’est une façon de produire que t’apprécies ?
J’aime ce processus avec les autres artistes à travers le temps. C’est toujours excitant, mais pas si facile. Mais ces temps ci je préfère très franchement travailler seul de mon côté.

Quelles sont tes principales influences ? Y a t-il des artistes actuels que tu aimes particulièrement ?
J’ai grandi avec le funk, la soul, le new jack swing et pas mal de choses des 80′s. Puis, plus tard je me suis rapproché de la house music. Outre cela, j’ai des racines croates et bosniaques, donc lorsque je vois ma famille j’ai aussi la chance de pouvoir entendre de la musique folk, country. Ces chansons sont pleines de douleur, d’amour et de passion.

Parle-nous un peu des futures sorties de Diynamic !
La prochaine release, ça sera un split de Stimming et moi-même. On sortira deux versions, une vocale et une dub de chacun des deux morceaux. Ensuite, on a prévu une collaboration intéressante entre Ost & Kjex et dOP… une sortie très très sexy ! Et aussi un maxi de David August & Uner.

Et sinon, pour finir, quels sont tes projets d’ici la fin de l’année ?
En plus de mon prochain EP sur Diynamic, je vais sortir un maxi sur Supernature, le label d’Audiofly et Joris Voorn. Et aussi un tas de remixes pour Digitalism, Kraak & Smaak (avec Romanthony), Crazy P, DJ T. et Audiojack.

1 comment
  1. Plaisir says:

    ça faisait longtemps que je n’avais pas lu d’article sur ce blog. Très bonne interview de Solomun.
    Nos blogs sont différents (cf ton commentaire de l’année dernière) mais j’aime toujours autant le tien.
    Amicalement,

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