Panorama Bahn

PIC : Dog Pound – B&W taken by Kim Shapiron

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A l’instar d’un certain Brodinski, Tiga fait incontestablement partie de ces musiciens respectés et vénérés que j’ai du mal à suivre et à comprendre, artistiquement parlant, qui alternent sans concession bon et mauvais gout, et à qui je donnerais bien volontiers quelques tartes dans la gueule pour les aider a retrouver la voie de l‘excellence.
Dans le cas de ce dernier, j’ai surtout beaucoup de mal avec sa carrière solo, marquée par un contraste amer entre ses deux albums, Sexor qui fut un coup de génie et Ciao qui fit sombrer le canadien dans les méandres de la dance pop music tendance et mielleuse (il faut le dire), une constatation confirmée par les maxis qui ont suivit, avec en guest stars les remixeurs les plus hypes du moment (Djedjotronic, Oizo, Noob, Proxy, et celui qui qui représente le mieux cette vague kikoolol, j’ai nommé Monseigneur Steve Aoki).

Mais ça, c’était il y a un an. Et depuis, les choses semblent (encore) avoir pris une nouvelle tournure, à l’image de son dernier EP Overtime, remixé entre autres par Motor City Drum Ensemble et qui sonne résolument plus techno que ce qu’on avait pu entrevoir depuis l’album. Mais je vais pas m’y attarder trois plombes, walk en a déjà parlé expressément ici.
Non, là où Tiga m’étonne de plus en plus ces derniers temps, c’est dans les choix artistiques de son label Turbo. Entre les releases de Jori Hulkkonen, Mike Mind et Kebacid, Tiga fait presque un sans faute depuis le début de l’année, si on omet de préciser le remix de Pedro Winter sortit il y a deux mois de cela. Mais on va pas faire la fine bouche, Turbo ca redevient cool et la qualité des dernières sorties attenue sensiblement la mauvaise image que j’ai du canadien. Au final le bilan est quand même troublant, je réécoute le dernier album en écrivant ces lignes et je comprends toujours pas l’évolution artistique de ce genre de producteurs. Il y a peut être rien à comprendre, ça m’énerve, on va s’arrêter ici pour la critique pseudo réfléchie, et passer tout naturellement au premier morceau de cet article. Sur Turbo Recordings, bien évidemment.

Et ce morceau, il est signé Sei A, l’un des nouveaux fer de lance de la scène techno écossaise, qui distille depuis maintenant deux ans les EP a une vitesses remarquable, et a récidivé dernièrement avec un maxi 4 titres relativement classique mais efficace. On notera tout particulièrement le premier morceau du tracklisting, Lazers, qui déploie une rythmique hypnotique lourde et ténébreuse et porte une mélodie angoissante, entrecoupée d’un petit sample parfaitement calé aux moments opportuns. La bassline galope et une foule de petits sons deep et freak viennent sublimer le morceau qui devrait passer terriblement bien en club. En l’état, c’est juste un énorme tube. (et merci à walk pour la découverte).

Sei A – Lazers

Pas de perte de temps, on enchaine avec Alexi Delano, qui a sortit le mois dernier un nouveau maxi sur ISL Recordings, composé aux cotés du new-yorkais Tony Rohr. La rencontre entre ces deux valeurs sures de la techno est remarquable, l’univers artistique de chaque morceau est planant, riche en nappes, parfois un peu abrupt mais toujours explosif. J’ai personnellement craqué pour « Because The Voices Said So » et son ambiance malsaine, sa ligne de basse torturant l’esprit jusqu’à l’implosion totale, pour un rendu totalement chaotique. Avis aux amateurs.

Alexi Delano & Tony Rohr – Because The Voices Said So

Trouvé un peu par hasard sur beatport avec les conseils avisés de notre ami Lastfm, le remix qui suit de l’argentin Pfirter est parfait pour un petit voyage bien sombre, âpre et trippé. On reste dans les sentiers battus de la techno dancefloor, un kick sec et agressif, nappes violentes et progressives, quelques noizes par ci par là, le tout vrille violemment mais reste tout de même assez cohérent pour ne rien gâcher au plaisir. Une recette testée et approuvée plus d’une fois, mais on ne peut s’empêcher d’en redemander.

Citizen Kain & Phuture Traxx – Cameleon (Pfirter Remix)

Puisqu’on est en Argentine, autant y rester et profiter de ce moment pour (re)découvrir Jonas Kopp. Je me souviens avoir écouté en diagonale quelques unes de ses productions en fin d’année dernière, mais le tout était passé un peu inaperçu à mes yeux. Les mois se sont écoulés et j’ai appris à apprécier le travail de l’argentin avec le temps. Et je bloque depuis quelques semaines sur  le maxi deux titres Cero/Flora, sortit par Spectral Sound début 2009. On passe à une techno plus sombre encore que les précédents titres, un combat d’endurance, mental et physique. Incontournable, jugez par vous-même.

Jonas Kopp – Flora

Un peu comme pour le Pfirter, j’ai découvert ce remix de Click Box au petit bonheur la chance, je ne sais même plus où exactement pour être tout à fait honnête. Gage de qualité, il a tout de même été playlisté par Ivan Smagghe himself sur son mix de presque trois heures pour les 10 ans de la Fabric. Paradoxalement, l’ambiance du morceau est à la fois calme et nerveuse, mêlant une tension rythmique sévèrement codifiée à une ligne de basse groovy à souhait et une mélodie aux allures interstellaire. C’est bien ficelé, original, indéniablement le gros coup de cœur de ces derniers mois.

Click Click – Das Haette Ich Nicht Goldach (Click Box Remix)

Nouvel EP de Luna City Express, deuxième volet de la série de remixes autour de leur dernier album « Hello from Planet Earth ». Déçu par le remix de Reboot (son futur album m’a semblé très moyen aussi à la première écoute, je m’y replongerais), on préfère la version de Robag Wruhme, plus réfléchie et mieux interprétée. C’est certes assez classique, mais aussi terriblement efficace.

Luna City Express – Mr. Jack (Robags Edna Mompf Remix)

On finit avec le morceau retrouvé au fin fond du dossier téléchargement et dont on sait pas si il est là depuis deux mois ou deux ans, parce qu’il y en a toujours un comme ça. Je trie je trie, j’en vire 80% et parfois je tombe sur de bonnes surprises. Je m’imagine écouter ça au Berghain, a 5h du matin sous acide et avec deux grammes dans le sang. Mais l’écoute domestique se suffit à elle même, privilégiez tout de même le casque pour une introspection totale. Et pendant que vous y êtes, écoutez le maxi dans son integralité, c’est génial ce truc.

Frank Martiniq – Blast Corps

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Cheers.

3 Comments
  1. ozenda says:

    Le flux RSS marche plus depuis 3 semaines à peu près :/ Dommage parceque j’ai perdu l’habitude de visiter le site par moi même.
    Merci pour le premier et dernier morceau de cet article qui m’ont beaucoup plu.
    Sinon on le nouveau lecteur intégré pour les morceaux (pas les podcasts) marche pas bien sur Opera, domage.

  2. Orivaa says:

    Le Frank Martiniq est assez récent au cas ou. Et c’est sorti sur Stroboscopic Artefacts (label qui fait presque un sans faute depuis sa fondation d’ailleurs).

  3. Spud says:

    Je vais essayer de m’en occuper du flux rss ozenda.
    Merci d’avoir prévenu ;)

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