New Paradigm

Cette fois ça y est, la « néo-house » avec laquelle on vous bassinait depuis des mois et des mois semble avoir fait son temps sur Trace A Line, du moins pour le moment. Je veux bien sûr parler de Hot Creations, Jamie Jones, Maceo Plex, et tous ces mots-clés qui revenaient régulièrement dans nos articles, et pas que dans les nôtres d’ailleurs. Pas mal de monde aura finalement été lassé par cette scène qui semble éprouver quelques difficultés à se renouveler dernièrement: toujours les mêmes samples, les mêmes synthés, les mêmes lignes de basse aussi efficaces soient elles, si bien qu’au fil des déceptions même les plus endurcis d’entre nous sont progressivement retournés à des choses plus techno, moins estivales…L’automne et le retour du froid y sont peut être aussi pour beaucoup.
Bref, ce changement de cap semblait être une bonne occasion pour reprendre les traditionnelles playlists, qui devraient se faire de plus en plus fréquentes dans les prochaines semaines. Et on commence donc tout de suite avec ma sélection, pour vous montrer un peu où j’en suis depuis la rentrée.


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Escapades


Le best of summer, ou bande son originale des road trips immersifs, des nuits au balcon, des bains derrière les verres opaques, des rencontres sensuelles, de l’irrationnel. Sans distinguer le jour et la nuit, ni oublier que le véritable leitmotiv depuis quelques temps, c’est le quasi-culte Everybody de Benoit & Sergio.
La sélection baigne dans l’electronica riche en voix profondes, s’imprègne de mélancolie primaire. L’humeur grisonnante pré-automnale fait sa dictée.

Je lance la playlist avec le dernier coït électronique de Clark, trouvé sur un EP de Kuedo. Tandis que la piste originale vient tout droit de la mouvance « post-dubstep » foisonnante, Chris reconduit cette matière première en un interlude puissant et inflexible. L’auteur des albums Totem’s Flare et Body Riddle – pour ne citer que les meilleurs – s’offre un moment de majesté tout bonnement maléfique.

Kuedo – Glow (Clark Remix)

Hors catégorie, cette electronica de Manchester est une des meilleures révélations de l’année. Pour l’imagerie, pensez James Blake qui tombe sa veste, croisé à The Field qui aurait trop regardé Himalaya. Holy Other frappe fort avec ce premier véritable EP (si l’on excepte les cassettes introuvables) et rejoint la structure new-yorkaise Tri Angle, appréciée pour le lancement d’artistes comme Balam Acab. Le titre Touch et ses « what I’m looking for » obsédants est une superbe pièce de chillwave introspective.

Holy Other – Touch

Pets Recordings, label fondé par Catz’n Dogz, suit une actualité plus que séduisante. J’ai encore du mal à me remettre de Entrance Song, synthèse tubesque de Detroit et du meilleur de Dirtybird. D’ailleurs, Eats Everything prépare pour bientôt un nouveau hit intergénérationnel avec The Size, qui sample goulûment Moby – Porcelain. Ça c’est pour la House pumping. Powidlo, le dernier EP par les polonais Chmara Winter, prend une orientation plus deep. Les remix de Lee Jones et Marcin Czubala possèdent chacun un intérêt certain, mais ici c’est l’original qui retient mon attention. Ambiance cooosy.

Chmara Winter – Powidlo

Ce remix pousse à peu plus loin le délire Funk-House duquel nous ne démordons plus depuis des mois. Replaçons le morceau dans son contexte : Gadi Mizrahi est la moitié de Wolf+Lamb, Eli Gold est la moitié de Soul Clap. La collaboration récurrente entre les deux duos a notamment enfanté une compilation Dj Kicks en début d’année. L’échangisme porte une nouvelle fois ses fruits et accouche d’un banger House à la sauce spleen.

Lucky Paul – Thought We Were Alone (Gadi Mizrahi & Eli Gold Remix)

L’album de Mark E s’est avéré d’un ennui profond. Chaque titre sonnait comme une tentative ratée de renouer avec… Avec quoi en fait ? Le soufflet Chicago retombe avant de gonfler. Et puis comme par contraste, il y a cette piste 2 qui sauve définitivement la mise, dans une tonalité très différente. Une rudesse franche et massive, à grands coups de vocoder, basse suintante et montée Acid. Enfilez vos slips en bois pour celle-là.

Mark E – Belvide Beat

Ajout de dernière minute, le nouveau Crosstown Rebels séduit à la première écoute grâce à ce remix. Excepté le nom à rallonge parodiant avec jubilation Radio Slave ou Dubfire, on retrouve instantanément la patte de Fur Coat et sa basse remuante. La construction du morceau apparaît simple et maîtrisée, alternant groove sautillant et breaks plutôt monumentaux. Un tantinet rentre-dedans.

Argenis Brito, Fur Coat – Space Ballad (Totally Enormous Extinct Dinosaurs Remix)

Un Dj Tool dans toute sa splendeur. Boris Staffen alias Jichael Mackson, en une dizaine de maxis sortis ces dernières années, se démarque du reste de la scène House et Techno par un sound design travaillé à bras le corps. Il digère les influences de Basic Channel pour créer des atmosphères denses et approfondies. Son dernier EP montre une facette plus dansante de sa musique. Avec Gti, Boris réduit la track Techno à son essence : un lead grave se faufilant entre les filtres. L’effet s’avère bluffant dans un set.

Jichael Mackson – Gti (Zimbabwe Mix)

DJ Sasha est reparu à la surface avec le trancy Cut Me Down. S’ensuit l’armada habituel : concours de remix, pluie de relectures stériles, bref, pas vraiment de quoi faire honneur à l’artiste – qui malgré la médiocrité de l’original, a vendu quelques kilos de rêve par le passé. Je fuis généralement ce genre de manoeuvre ; néanmoins, dans le tas, une ou deux versions profitent pleinement de la voix de Krister Linder : un morceau qui vise les clubs d’abord, par Layo & Bushwacka (ici), et ce Breakbeat brillant de Ryan Davis.

Sasha – Cut Me Down (Ryan Davis Twin Break Mix)

Parce que je ne pouvais me cantonner à de l’électronique : une balade folk schizophrène. Ce morceau ne peut laisser coi, de par les aigus douteux puis la série de cris qui ponctue le dernier refrain. C’est Pipilotti Rist au chant, vidéaste défraquée dont la discographie se limite à ceci. Vous pouvez toujours hurler à la reprise honteuse, à la diffamation impitoyable de Chris Isaak. Mais, de fait, c’est Pipilotti qui s’égosille le plus fort. Et à défaut de maîtriser parfaitement la voix de tête, elle crie juste, il faut le reconnaître.

Pipilotti Rist – I’m A Victim Of This Song

Pas grand chose à dire pour le bonus de fin, sinon qu’il s’accommode fort bien d’une écoute au casque, devant un coucher de soleil rose comme on voit ces derniers soirs, yeux mi-clos. De préférence seul pour être mieux entouré du minimalisme parfait de Death In Vegas.

Death In Vegas – Anita Werber

Photo

Waiting for crack on my own


L’été se fait désirer, et c’est dans le froid et sous la pluie que passe ce mois de juillet. Histoire de coller au temps plutôt maussade, la playlist estivale incontournable sera donc froide et sombre. Exit les sons chauds qui vous donnent envie de tout enlever, enfilez parka et bonnet, destination darkness.

Ouvrons les hostilités avec une vieillerie plus que jamais d’actualité. En effet, Seb et Maud de Scratch Massive s’apprêtent à sortir un nouvel album tout prochainement, et l’envie de se replonger dans les classiques en attendant cette nouvelle offrande se fait plutôt pressante… Like You Said était certainement le meilleur morceau de leur deuxième et dernier album en date, Time, et quand on demande à la reine de la techno made in France d’y insuffler sa touche, on se retrouve fatalement avec un hit. Chloé livre une version épique, sombre et angoissante, digne des plus belles heures du Pulp ou du Rex…

Scratch Massive – Like You Said (Chloé Remix)

Continuons notre périple dans le froid avec Rekleiner, collaboration de trois baroudeurs d’outre Manche, je vous passe les détails. Une fois n’est pas coutume, rien de bien récent ici, mais ce morceau tourne régulièrement dans mon iTunes depuis un an. L’envie de le publier me démangeait fortement et le thème d’aujourd’hui s’y prête plutôt bien, donc pourquoi résister? Issu d’un maxi paru en 2006 sur Catwash Records, ce Sideways est un véritable modèle d’hypnotisme. Un bon truc de camé en somme…

Rekleiner – Sideways

Le supposé mystérieux Crackboy fait beaucoup parler de lui ces derniers temps. L’intention de sortir des disques sous un pseudonyme est louable, mais il faut avouer qu’il n’est pas très difficile de percer le secret de l’identité du monsieur… Quoi qu’il en soit, après son relativement bon EP sur Get The Curse Music et le rouleau compresseur qu’est le remix par Gesaffelstein, c’est dans l’absence la plus totale de promo qu’est sorti quasiment en même temps son Vivid Incident sur Tigersushi… Laissons à Pedro Winter le plaisir de prendre en bouche Gesaffelstein une fois de plus, et tournons nous plutôt vers l’excellent bien que très crade Speakwrite, sorti donc sur Tigersushi il y a quelques semaines…

Crackboy – Speakwrite

Et pour en finir avec lui, ceux qui savent qui se cache réellement derrière l’accro au crack connaissent sa passion des edits et c’est donc presque naturellement que j’en viens à partager celui-ci… John Carpenter, maître ès films fantastiques et bandes sonores kitsch qualität, se voit ici retourner la gueule sans délicatesse aucune. A écouter aussi, un excellent edit de Jac Berrocal & Vince Taylor.

John Carpenter – 69th Street Bridge (Crackboy fucks Balearic Edit)

Et le meilleur pour la fin. Issu de la première sortie de Hafendisko, sous-sous label du Poker Flat lancé par Steve Bug, ce Girn est juste un monstre de sexerie froide et sensuelle. Rythme lent et lancinant, basses vrombissantes, tout y est pour vous filer la trique du siècle. On sait peu de choses sur Lightbluemover, mis à part qu’il s’agit d’un side project d’un artiste plutôt connu, mais ce qui est sûr c’est qu’une fois écouté, il finira par user inlassablement vos enceintes. Meilleur que le meilleur de vos orgasmes, nailed it.

Lightbluemover – Girn (feat. Black Light Smoke)

Piña Colada


A mon tour de me remettre dans le bain des playlists, en sachant que ma dernière date de décembre…Je commençais à me sentir coupable de ne pas partager avec vous mes dernières trouvailles musicales, qui sont maintenant surtout du domaine de la house (contrairement à il y a un an où on tapait plutôt dans la grosse techno). Les goûts changent et les modes aussi, comme on a pu le constater avec la montée inébranlable des edits disco qui depuis quelques mois envahissent les blogs et donc nos oreilles. Ca a même été le cas sur Trace A Line avec les podcasts d’Andy Ash et de Greg Wilson, et croyez-moi ce n’est pas fini…De l’edit disco vous allez en bouffer tout l’été, mais n’ayez crainte: la techno sombre et mentale sera aussi au rendez-vous. En attendant voici quelques-uns des tracks qui tournent le plus chez moi ces derniers jours, principalement de la deep house à l’ancienne avec un magnifique edit de Black Sabbath en guise de cerise sur le gâteau.

On commence avec un remix mythique du tout aussi mythique Kerri Chandler, sorti en 1998. A la base il s’agit d’un morceau synthpop du groupe The System, un truc qui aujourd’hui sonnerait totalement cheesy (le clip en est d’ailleurs la preuve) même si ça avait plutôt bien marché dans les eighties. Kerri l’a heureusement retravaillé pour en faire un track dans le pur esprit Garage house, à base de kick bien gras et de synth fortement addictif, dès les premières secondes. Ce remix est d’ailleurs sorti sur Ibadan, l’un des labels emblématiques de la house new-yorkaise fondé par Jerome Sydenham. Bref, indémodable.

The System – You Are In My System (Kerri Chandler’s Atmospheric Vocal Remix)

Pour aller un peu plus loin dans le délire deep house à l’ancienne on poursuit avec un morceau de Liberty City (aussi appelé Murk), duo américain sans histoire particulière qui aura fait son petit bout de chemin sur la scène musicale dans les années 90, comme tant d’autres groupes similaires. N’empêche que les quelques tracks qu’ils ont produit durant leur petite carrière sont sacrément bien foutus: on retiendra surtout Some Lovin, une perle deep qui est d’ailleurs toujours régulièrement playlistée de nos jours, même si ça date de 1992.

Liberty City – Some Lovin

Un autre morceau qui me rend dingue en ce moment, c’est le remix de Jazz Carnival par Global Communication, duo anglais légendaire qui s’apprête d’ailleurs à sortir une compilation mixée sur NRK dans les prochains jours, après plusieurs années de silence radio. Même s’ils tapent généralement dans l’ambient et la techno mentale, ils se sont lâchés pour ce remix et ont pondu un bijou de deep house hypnotique et aérienne, alors que le morceau initial provient d’un groupe brésilien d’ethno-jazz-funk-chelou. Au fait, j’ai découvert ce remix en réecoutant l’excellent Live At Robert Johnson Vol. 4 signé Thomas Hammann et Gerd Janson, et qui contient pas mal de pépites pour les amateurs de house posée et funky. Par contre j’ai pas réussi à trouver le morceau en entier, mais en voici quand même un gros extrait.

Azymuth – Jazz Carnival (Global Communication’s Space Jazz Mix)

Même si je ne connais pas grand chose à la scène électronique lituanienne je peux quand même affirmer que Mario & Vidis, lituaniens d’origine, sont des gens qui envoient du lourd. Après la sortie de leur excellent premier album Changed fin 2010, ils viennent de remettre ça avec un nouveau maxi également appelé Changed, puisqu’il contient un des morceaux de l’album (Changed, donc) accompagné de plusieurs remixes signés Soul Clap, Jozif ou encore John Talabot. Mais même si les remixes valent carrément le coup, j’ai décidé de vous lâcher l’originale qui reste inégalée à mes yeux.

Mario & Vidis ft. Ernesto – Changed

Ceux qui sont allés à la Die Nacht samedi dernier auront peut-être eu la chance d’écouter le mix de Gilb’r, moitié de Chateau Flight et boss de Versatile, qui fut paraît-il assez exceptionnel. J’ai un peu regretté d’être parti avant le début de son set, et du coup ça m’a donné envie de fouiller dans la poignée de maxis solo qu’il avait sorti il y a quelques années. Comme ça j’ai découvert Espece Funk, une sorte d’hybride complètement déjanté entre funk et deep house. Le track sonne carrément bancal et part dans tous les sens, mais garde en même temps une certaine cohérence et surtout un groove imparable. Du très grand Gilb’r…

DJ Gilb’r – Espece Funk

Et pour finir, voilà comme promis un edit du morceau culte de Black Sabbath, Planet Caravan. Les puristes du groupe seraient sans doute tentés de crier au scandale et au viol à l’écoute de celui-ci, mais il faut avouer que le boulot effectué dessus est impressionnant. L’edit est signé MAU, un obscur producteur suédois que j’ai découvert totalement par hasard. Il s’amuse à remixer à sa sauce des classiques rock, de Bruce Springsteen à Fleetwood Mac en passant par Roxy Music, et le résultat est bluffant à tous les coups. Chaque morceau qui passe entre ses mains en ressort transformé voire amélioré: pour l’edit de Planet Caravan par exemple, il a incorporé à l’originale un beat disco très estival et planant, tout en gardant le côté mélancolique initial. La plupart de ces edits sont d’ailleurs dispos en téléchargement libre, donc n’hésitez pas à aller faire un tour sur son Soundcloud.

MAU vs Black Sabbath – Planet Caravan (MAU’s Balearic Remix)

Moneypenny


J’ai soif de décrire quelques coups de coeur. L’envie prend ainsi, parfois, de dévoiler les considérations les plus subjectives planquées derrière des morceaux qui n’en demandaient pas tant. Tentons de ne pas trop déborder. Après une année où notre vocabulaire s’épanouissait volontiers dans les limbes du lexique « Berghain », « dur » ou « berlinois », la quête spirituelle et électronique ouvre de nouveau ses horizons. On ose regarder la lumière du crépuscule et même parler du feeling intemporel de la House, tout ça. Des nappes, des basses chaloupées, des voix souvent efféminées, quelques décalages. Tout provient de ces derniers mois, pour une fois. Choisi avec amour, qui plus est.

Sachant que nous risquons de louer les talents de Tale Of Us toute l’année, j’hésitais à poster ce morceau. Le doute n’est plus permis : j’ai rêvé l’autre nuit que le monde entier en chantait les paroles à l’unisson. Fait avéré, ce remix s’installe partout. La tête, les mains, les platines (notamment celles de Troxler en final de son set à la grand-messe Timewarp), les parties génitales. Comme avec Disco Gnome, le morceau s’avère d’une simplicité stupéfiante. Un équilibre parfait, entre pop lancinante et groove minimaliste, magnifié par une basse aphrodisiaque et inimitable. Une question : should I call you up ?

Who Made Who – Every Minute Alone (Tale Of Us Remix)

Je désirais poster celui-ci depuis des lustres. Miguel Barros enfile le large costume du clown triste pour cette bombe downtempo aux confins du cheesy. Noyée dans les nappes d’accords, une voix Thom Yorke-esque émet une complainte interminable, concurrencée par de petits vocaux rose bonbon. Ça pleure, ça en jette. Un bain qui ne refroidit jamais. Pional a récidivé depuis avec We Have Been Waiting For You, une ballade Pop-house toujours chez Hivern Discs. Un nouveau talent pour l’Espagne.

Pional – In Another Room

Planet E a décidé de fêter ses 20 ans en multipliant les bonnes releases. En véritable highlight de ce début d’année, la relecture de Can’t Take It est une bonne tranche de House fourrée aux nappes filtrées et autres voix soulful. Le tout dans une finition à la fois crade et raffinée, qui craque un peu. Les bons penchants de Milton Jackson, en somme. Une version à la hauteur de l’excellent artiste qu’est Recloose (et de sa biographie légendaire). Et elle groove à souhait.

Recloose – Can’t Take It (Milton Jackson Remix)

Fini de sourire. C’est les yeux plissés et la bouche ouverte qu’on subit généralement ce genre de marteau de guerre. Mark Henning possède un certain don pour les ambiances pesantes et les sons grassouillets. A l’occasion de cette contribution au label Cityfox, ses rythmiques habituellement glaciales se teintent de House. L’introduction rampe comme un serpent enrhumé. Soudain, sa progression sinusoïdale s’arrête net, et le couperet sonore tombe comme s’effondrent les Twin Towers. Cela prend tout son sens dans un club sombre, la déferlante profitant de la réverbération des murs moites.

Mark Henning – Collider

La photo qui illustre le disque dit tout : une communauté non identifiée crucifie des hérétiques coiffés de feuilles de palmiers. Funeste et psychédélique, le second EP de Ghost Note est une intrigante salade de riffs poussiéreux et de choeurs malsains. Quelqu’un a appelé ça « Horror Disco », c’est dans l’idée malheureusement. Ceux qui ont passé leurs matinées de bambin à halluciner devant Jumanji voient probablement ce que je tente de décrire. Surtout l’épisode où le chien devient géant, avec un dessin délicieusement torturé. En passant, l’autre face constitue également un joyau d’angoisse.

Ghost Note – Abularyo

Il manquait un annonciateur des beaux jours, une perle pour se prélasser chemin des Boutats. D’abord les candidats refoulés : Franklin De Costa et son génial EP Queen Of Mars, avec notamment le titre Pigs In Space, tellement dense et huileux qu’il en devient indigeste à l’écoute. Le dernier Todd Terje aussi, Ragysh, un sans faute après des années d’absence (écoutez au moins Snooze 4 Love). La tâche revient à Lee Foss. Extrait de son nouveau maxi solo sur Culprit, Cabin Party séduira d’emblée les amateurs du genre. Beats funky, mélodies proéminentes et lumineuses mènent la barque. Le second vocal signe l’apogée du titre en insufflant cette charge émotionnelle qui fait tout. Moi ça me tue. Sacré Lee.

Lee Foss – Cabin Party