Brainstorming


Il en aura fallu du temps. Nous voici à l’orée d’une nouvelle playlist : événement de plus en plus rare (et cher) que celui de partager nos sélections. En cause une question d’ordre presque éthique : quel intérêt à diffuser des mp3 alors que notre mode même de consommer la musique a bien évolué pour nombre d’entre nous ? Les avides pirates se sont changés en précieux collectionneurs, le capharnaüm digital est devenu un rigoureux vide-grenier électronique. Et c’est pas plus mal. Churchill disait « the farther backward you can look, the farther forward you are likely to see ».

Concrètement parlant, les morceaux qui suivent sont pour la plupart des rips maison du disque. Un rapide clic sur la pochette vous donnera accès à la page discogs du maxi dont il est question. Du neuf comme de l’ancien se côtoient joyeusement, il faudra donc chiner un peu pour certains…


Ce n’est pas le premier Vakula que je poste, et pour cause, l’ukrainien se rapproche un peu plus du soleil chaque année. La dernière fois, c’était pour dire que l’on attendait impatiemment la sortie d’un album. You’ve Never Been To Konotop, paru cet été, réussit avec brio le pari peu évident du long format. Leleka tape dans le mille, écarte les clichés de la House, de la Techno, du Jazz pour proposer un univers fouillé, instrumental, peuplé de ritournelles qui touchent à la corde sensible de la Deep House – la mélancolie. Incontestablement un des must have de cette année. Compositeur prolifique, Vakula a simultanément sorti un EP de 4 titres sur Bandula. Même formule, et coup de coeur personnel pour G Lady. Le morceau porte remarquablement bien son nom, et évoque à merveille ces montées d’amour folâtre qui peuplent les plus belles nuits.

Vakula – G Lady

Hymne new-yorkais oublié, ce disque de 1991 a fait les belles heures du Sound Factory. Un arrangement intelligent et un hook hispanique suffisent à donner son charme au mix de Barrio (Eddy Aroyo et Manny Diaz). Bien dommage que ces deux-là n’aient pas continué dans cette veine, ils tenaient quelque chose.

El Barrio – Across 110th Street (Barrio Mix)

S’il y a bien un gonz que j’aimerais voir en ce moment, c’est Fulton. Producteur polycéphale, Maurice Fulton a.k.a Dr Scratch ou Syclops (entre autres) excelle dans un large spectre de styles, du modern Disco à une House en passant par d’obscurs chemins expérimentaux. Il est aussi un foncedé de première, incapable de répondre un tant soit peu à une interview, et qui en parallèle fait faire la poule à sa go sur l’improbable Paris Hilton. Mais Fulton représente encore et surtout un édifice dans le monde de la House, doublé d’un DJ qui traîne une chiée d’éloges derrière lui. Son dernier remix pour Rush Hour, hybride mi-protodisco mi House lourdingue, est délirant.

DJ Nori – Happy Sunday (Maurice Fulton Mix)

Les In Flagranti trifouillent du sample ensemble depuis maintenant une quinzaine d’années. Autrefois affiliés au courant electroclash, on n’est pas vraiment étonné de les voir signés sur l’empreinte d’Erol Alkan. Disco House taillée au couteau, leur Headrush EP s’impose en hachoir à dancefloor. Ça pétarade dans tous les sens, c’est un vrai bonheur.

In Flagranti – Locker Keys for Tops

Le label ESP Institute est devenu en quelques années un repaire à bons disques baléariques : Soft Rocks, Young Marco, Cos/Mes ou encore Tornado Wallace y déposent régulièrement de beaux bébés. L’album de Land Of Light est une ode à l’amour vespéral et bienheureux (ainsi qu’une singulière impression de se trouver dans un salon Yves Rocher) . Dans un nouvel élan lascif, le maxi de remixes offre trois versions alternatives dont celle un brin plus rythmée de Tiago. Relents vaporeux de Santana inclus, vous êtes prévenus.

Land Of Light – Isle Of Tears (Tiago Remix)

Palms Trax fait ses débuts pour la première sortie du label Lobster Theremin (dirigé par Jimmy Asquith). Fils spirituel de Legowelt et nourri de House US, Palms Trax compose un EP légèrement au-dessus du lot. Ça sonne juste, bien calibré, aérien. Passéiste dans le sens positif du terme.



Palms Trax – Houses In Motion

Mise en contexte nécessaire : nous sommes en 1992, les raves anglaises dévorent les disquent de Progressive House par centaines. Underworld, Jaydee, CJ Bolland font la loi et noient les clubbers sous les pads – « attrape les lasers ! ». C’est la tran(ce)substantiation, le règne de la Piano House, les riffs Hardcore et tutti quanti. Passion (Naked Mix) est une des plaques phares de cette époque, menée par des patterns breakés au petits oignons et tout ce qu’il faut pour une bonne partie de Trance : pianos, pads interminables, lignes acid, voix blindées d’effets. Cheesy au possible et donc parfaite.

Gat Decor – Passion (Naked Mix)

Qui ne s’est jamais abandonné sur Problèmes d’Amour ? Alexander Robotnick, qui dépasse aujourd’hui les 60 ans, dévoile peu à peu ses archives. Undicidisco fait partie de ces morceaux que l’artiste a gardés secrets durant des dizaines d’années avant de les reprendre récemment. Celui-ci est paru en 2011 exclusivement sur support digital, puis pressé le mois dernier avec un edit de Justin Vandervolgen. Une piste innocente qui respire la joie et les goûters d’anniversaire.

Alexander Robotnick – Undicidisco (Fresco Mix)

Paresse


trace a line

Originalité. C’était censé être le mot d’ordre de cette playlist depuis que je me prépare à la poster. Et plus on se prépare, plus on attend, plus on attend, plus on s’éloigne de l’actualité, et plus on change d’avis, résultat je ne sais plus trop avec quel genre de morceaux je voulais m’introduire sur ce site, mais on en est bien loin au final, ainsi que de toute once de personnalité. Tant pis. Cela n’enlève rien à la qualité des sons partagés, je présume. Quand à leur correspondance avec l’air du temps… À vous de juger.
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Taxable

Polly Morgan

Dans ces périodes de choix et de responsabilités, il est bon de n’avoir qu’à cliquer pour relancer. Et quand la tristesse l’emporte sur l’espoir, la sélection se fait plus sombre. Quelques incontournables de printemps donc pour noyer les frustrations et les colères du weekend. C’est pas encore l’augmentation du Smic mais on y travaille.

Je voulais un truc rentre-dedans pour commencer, et je tombe sur la track la plus abrutissante du moment. Un minimalisme imbécile avec lequel tu fais corps en instantané. Il faut tout le culot de Barnt pour faire une techno hardie et autoritaire avec trois bouts de ficelle. Ce type est dingue, chacune de ses rares productions en témoigne. Le moment est martial, on se laisse emmener comme le MoDem.

Barnt – Geffen

Les Pachanga Boys ont fait fort avec Time sur leur label Hippe Dance, un quart d’heure assez vertigineux tout en grandes pompes mélodiques. A eux deux, Superpitcher et Rebolledo font du BPitch évolué et débridé, ne se refusant aucune excentricité – je pense à des inanités comme Black Naga. Encore difficile à cerner, le duo joue les patterns binaires épurés avec une petite pointe de funk latino et de délires harmoniques. Le remix en question vient de chez Pschent et l’exercice consiste à remodeler du Slove (qui nous ont fait une chart ici). L’Indie Pop est redessinée au format allemand, les discrètes percussions prenant la place d’une guitare par trop envahissante. L’ostinato se développe progressivement, puis le chant éclate comme une bulle (jouissif).

Slove – Flash (Pachanga Boys Remix)

Je reste dans le bain avec l’album de Tristesse Contemporaine qu’on attendait ici avec impatience. La formation a su réunir dans ce format sa vision de la New Wave, sensible et pluvieuse. Mais attention, pas le crachin breton, non, les gouttes épaisses et les échos britanniques. Le disque est produit par Pilooski, une réussite tant son mixage est agréable. Et plus que revisiter Talking Heads à la sauce crise économique, le trio Tristesse Contemporaine accouche de sacrés moments Synthpop comme celui-ci.

Tristesse Contemporaine – Daytime Nighttime

Bubba fait figure d’outsider, sorte de passerelle entre Miami et Paris. Après un album passé quasiment inaperçu, et de nombreuses productions pas franchement reconnues à leur juste valeur, la conjoncture semble meilleure : ses derniers travaux pour Clouded Vision, Hot Natured ou Nastyfunk séduisent de plus en plus de gangsters en mal de basslines exagérées. Original, décadent et Acid sur les bords, Bubba est actuellement en plein rush. L’occasion de revenir sur une track de 2010 parue chez Extended Play, le genre de piste downtempo, lourde et épique qui me fait tomber. Chaque espace fréquentiel est bourré de sections rythmiques ou bien par ce pad exorbitant. Et cette grosse voix hallucinée, c’est les Daft dans les chiottes du Berghain. Big Hugs.

Bubba – Drugs, Hugs And Thugs

Chez Trace A Line, on a – comme beaucoup – un attrait amusé pour l’artiste loufoque qu’est San Proper. Toujours prêt à prendre le micro pour ambiancer son public en pleine montée, San est un sauvage du vinyle, un Aragorn techno et désinvolte. Côté production, une même envie d’en découdre avec les volumes académiques et les accords bienséants. Sur cette track, chaque piste est barrée, du kick aux alarmes truffées de delay. Grosse fête à grosses gouttes sur un beat tout bancal et une basse hagarde : la tête tourne. Mention au vocal ‘n’importe quoi’ qui sonne comme pas deux. Génialement désabusé.

Dave Aju – All Together Now (San Proper ‘Bye Yoself’ Mix)

Flashback 1981. La mèche flamboyante de Philip Oakey, yeux fermés sur le micro, posté de profil pour faire briller le fond de teint blanc. Campé à l’arrière, un florilège de Roland, Korg et autres Yamaha, les véritables acteurs d’une époque qui doit tant aux tontons Kraftwerk. Si tu es lassé des innombrables copies que le temps amasse, voici l’original, bien plus foufou. Cette version particulièrement, qui met la voix de côté pour se concentrer sur l’essentiel.

Human League – The Things That Dreams Are Made Of

« Tu crois que c’est bon pour les gammes la merde ? »

Falling

Il était de mon devoir de préparer une dernière playlist avant le retour du printemps, qui risque de me faire retomber dans la même torpeur disco sex and sun que l’an dernier. Voici donc une sélection de tout ce que j’ai pu sauver avant de formater mon ordinateur pour le reremplir d’edits de Greg Wilson et Crazy P. Adieu.

Si vous ne le saviez pas Donato Dozzy & Neel viennent de sortir un album tout à fait génial sur Prologue, et que j’aurais beaucoup aimé chroniquer si je n’étais pas aussi mauvais pour décrire la musique. Comme j’allais à coup sûr pondre une review insupportable, je me suis plutôt mis à chercher des artistes au son proche de celui de Dozzy et j’ai ainsi pu découvrir son compatriote Brando Lupi, avec qui il avait d’ailleurs sorti plusieurs maxis communs en 2004 et 2005. Moi qui cherchais le genre de techno rêveuse et quasi-trance que seul Donato Dozzy semblait capable de produire correctement, j’ai été largement servi en écoutant l’EP Aural de Lupi, sorti sur le très joli label Dewtone Recordings l’année dernière. Le morceau Electric Mule a particulièrement retenu mon attention et devrait rapidement vous faire comprendre ce que j’entends par techno « quasi-trance. »

Brando Lupi – Electric Mule

Les puristes house vont me prendre pour une grosse buse mais je n’avais jamais écouté le travail de Fred P. jusqu’à récemment. Je me suis donc plongé dans la discographie de ce DJ américain dont la street cred égale au moins celle de Jus Ed et son fameux label Underground Quality. Fred P. possède d’ailleurs aussi son propre label, l’excellent Soul People Music sur lequel il a déjà sorti plusieurs albums exemplaires sous l’alias Black Jazz Consortium. Le dernier en date s’intitule The Incredible Adventures Of Captain P, et c’est de la bombe. Il en va de même pour ce morceau sorti sur un sampler du label Ethereal Sound et qui me fait encore plus regretter d’avoir loupé la Concrete du 5 février dernier, où Fred P. aurait selon ses propres mots joué « le set de sa vie. »

Fred P. – It’s All In My Mind

En parlant de Concrete, j’en profite pour vous signaler que celle du 14 avril sera consacrée au label Perlon avec Zip, Sammy Dee et James Dean Brown aux platines. C’est l’occasion de ressortir ce morceau de Melchior Productions (clairement l’un des artistes les plus chelous de l’écurie Perlon) paru en 2005 et illustrant assez bien ce qu’on peut entendre sur ce label: de la house minimaliste mais au groove imparable, ni plus ni moins.

Melchior Productions – The Later The Evening…

Vous connaissez la microhouse? C’est un peu comme la minimale mais encore plus minimal. Kettenkarussell sont assez doués à ce petit jeu-là, il s’agit d’un duo allemand qui a sorti deux très bons EPs sur le label Giegling. Il paraît que leurs lives sont absolument géniaux mais je n’ai malheureusement que ce morceau à vous offrir, pour vous donner une petite idée de ce qu’ils font. Il s’intitule You N Me et bien qu’il dure quand même 9 minutes, on ne les sent absolument pas passer. Les amateurs de Murcof devraient beaucoup apprécier, on y retrouve le même souci du détail et le même piano givré.

Kettenkarussell – You N Me

Les Japonais font de l’excellente deep house, mais on n’en parle malheureusement pas assez. Beaucoup semblent nourrir une certaine fascination pour Detroit si l’on écoute leurs productions, et c’est aussi le cas pour Yasuo Sato. Ce producteur nippon a même fait une apparition l’année dernière sur le label Aesthetic Audio de Keith Worthy, après avoir sorti un album intéressant sur un label…macédonien, en 2010. Je ne sais pas trop comment il a atterri là, mais peu importe. Le track Mirage Of Night Sky est un flot d’énergie pure, un kamehameha sonore avec ses gros pads filtrés faisant clairement écho à la Motor City.

Yasuo Sato – Mirage Of Night Sky

Il semblerait que Seidensticker soit principalement une marque de chemises, mais là c’est bien d’André Seidensticker dont je veux parler. Son maxi Schwarz Vom Harz sorti en 2001 sur le label touche-à-tout Out To Lunch contient quatre morceaux à la fois assez abstract et proches de la house, aux nappes chaudes et envoutantes qui auraient pu avoir leur place sur le Warp Records d’antan. En voici un extrait représentatif.

Seidensticker – Verdrängung

Il m’est impossible de dévoiler les circonstances exactes dans lesquelles j’ai découvert le morceau qui suit, mais disons juste qu’il est tombé à pic. Même si YouTube est évidemment rempli de merde en tout genre, il peut aussi être un formidable outil pour dénicher d’excellents sons. C’est comme ça que je suis tombé sur Xiayu totalement par hasard, encore un track de 10 minutes et probablement l’un des trucs les plus planants qu’il m’ait été donné d’écouter. Le morceau varie assez peu en soi et le reste de la discographie de son auteur est surtout sans intérêt, mais Xiayu mériterait quand même la palme du track le plus posé de la décennie.

Bvdub – Xiayu

Lola Rennt


Cela fait comme une semaine que la galerie d’art du dessous passe et repasse ce même disque d’Ambient, façon Brian Eno, à longueur de journée. Je me demande comment ils tiennent. On se croirait dans ce vieux jeu Myst, tentant en vain de résoudre des énigmes gordiennes afin de sauver ce gus prisonnier d’un livre rouge. Une telle ambiance, faussement élitiste, me donne à réfléchir sur les récents troubles du net, et leurs conséquences à moyen terme pour les innombrables fouineurs culturels qui arpentent chaque jour sites et flux rss. Pendant que médias traditionnels et autorités patinent, je retourne à ma sympathique besogne d’intermédiaire, espérant toujours que les minces trésors électroniques glanés ces derniers temps vous conviendront. Au coeur de la machine, donc.

J’attaque avec un opener volé à Roman Flugel, l’introduction brillante d’un set enregistré à Boiler Room. L’occasion de baver devant un club très représentatif de la scène Uk en ce moment ; c’est-à-dire innovante, baignée de Bass music au sens noble du terme, et tout sauf sectaire. Le titre qui vient est pondu par un ukrainien aussi discret que talentueux : Vakula figure parmi les artistes dont on attend toujours l’annonce d’un album – juste pour voir. Pour l’instant, les maxis de Mikhaylo colonisent les clubs les plus éduqués. La deep, pure mais sauvage, sensuelle mais entraînante. Un superbe disque de saison.

Vakula – Picture of You

Jozif, je n’ai jamais vraiment accroché, mis à part son edit de Britney Spears (!) et le fameux « I’ll B » qui n’est toujours pas sorti, des années après son annonce (le sujet en serait presque devenu tabou ici, à force de frustration). Puis je tombe sur Twilight, petite bombe déraisonnablement sexuelle. Boucle de piano tapie dans l’ombre, pizzicato joueur, un écrin tout trouvé pour la superbe voix de Terri Walker. De petits frissons dans les doigts.

Jozif – Twilight feat. Terri Walker

Re-plongeon. Prince des revirements de veste et des disques inégaux (le roi en la matière étant sans conteste Bowie), Death in Vegas continue son parcours atypique, empruntant cette fois une voie un peu plus identifiable – du moins sur certains morceaux de leur dernier album. Comme Your Loft My Acid, qui dose entre slow House des origines et Electronica bileuse. En résulte un Ovni lancinant qui actualise Your Love de Frankie Knuckles. Au chant, Katie Stelmanis (Austra).

Death In Vegas – Your Loft My Acid

Fouiller le label Dance Mania, c’est alterner fessées et barres de rire. La House de Chicago sauce 90′s, âpre, ghetto, hypnotique. Ce maxi de 1995 va droit au but : on y est « so high », on suce des « candy cane » sur des gimmicks sans fin. Avec Give Me Extacy, Paul Johnson pousse le cynisme à deux doigts de la caricature.

Paul Johnson – Give Me Ecstacy

J’en suis quasiment certain. Cette track était le secret tool de Djs comme Maceo Plex l’année dernière. Une surprise de fin de set, un instant prog tirant vers la Trance, en guise de rédemption après plusieurs heures de danse. A replacer dans son contexte, ralenti d’un ou deux BPM, le break touchera le G Point.

Leo Mas, Farina, Fabrice, Rago – Onyricon (Red Light)

On revient dans le deep : tournure fantomatique pour ce titre de New Jackson. Aux confins de l’Electro laconique et de la House, la beauté triste d’un vocoder illustre une suite d’accords à l’accent épique. Simplicité, bon goût et légère effervescence émotionnelle : de la musique de nuit pour routes irlandaises. Le clip est fichtrement bien foutu au passage.

New Jackson – The Night Mail

Difficile de le rater. Todd Terje sort un EP par an, l’air de dire « amusez-vous ! ». L’année dernière, Ragysh était partout, peak time parfait, morceau à la construction ingénieuse et jouissive. Utilisant encore quelques samples pour ce précédent EP, Todd simplifie sa recette vers une synthèse pure avec It’s The Arps : bleeps, arpeggiators et white noise deviennent un langage exclusif et intemporel. Le maxi est d’une richesse rare, voltigeant d’un Tango burtonien (Myggsommer) vers une Bossa uptempo et extatique (Swing Star 1). Quant à Inspector Norse, en boucle depuis un mois, c’est juste la piste du bonheur, du dépassement de soi. « Instant classic ».

Todd Terje – Inspector Norse