(TAL111) Chloé


Crédits: Thomas Pirel

Chloé est de ces artistes insaisissables et déconcertants qui savent toujours nous surprendre quand on pensait enfin les connaître. Cette figure incontournable de la musique électronique en France compte depuis des années parmi les DJs les plus respectés de l’Hexagone, en partie grâce à sa résidence au mythique et regretté club le Pulp aux côtés de Jennifer Cardini, Sextoy et Ivan Smagghe. C’est dans les entrailles du Pulp que Chloé donnera naissance au label Kill The DJ avec Smagghe et Fany, et c’est sur ce même label qu’elle sortira en 2007 et 2010 ses deux albums The Waiting Room et One In Other, de quoi induire en erreur tous les amateurs d’étiquettes pour qui le terme « techno minimale » aurait suffi à décrire son travail.

Chloé est bien plus qu’un DJ/producteur au sens restrictif du terme comme en témoignent les différents projets artistiques auxquels elle a récemment pris part, comme son live expérimental commandé par l’Atelier de Création Radiophonique ou sa participation à l’oeuvre d’Anri Sala actuellement présentée au pavillon français de la Biennale de Venise. Elle a aussi pris le temps d’enregistrer le 111ème épisode de notre podcast et de répondre à quelques questions rapides sur son actualité et ses projets, histoire de prendre des nouvelles de celle que nous considérons depuis longtemps comme l’une de nos influences principales.

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Bonjour Chloé! Comment ça va ?
Bonjour! Je vais bien merci.

Même si tu n’as jamais été du genre à enchaîner les releases, force est de constater que ton rythme de sorties s’est pas mal réduit depuis One In Other… Il y a bien eu quelques remixes, un EP sur BPitch Control et un split avec Baby Ford mais rien de plus, que faisais-tu pendant tout ce temps ?
Faire un album prend beaucoup de temps et d’énergie avant et après,  je ne peux donc pas en même temps sortir des maxis, remixes, ou autres projets. J’ai beaucoup tourné en live avec Transforma et fait de Dj sets, mais j’ai aussi été amenée à travailler sur pas mal de projets variés hors clubs, notamment sur la musique du spectacle de danse du danseur-chorégraphe Fabrice Ramalingom, pour Montpellier Danse. J’ai travaillé sur un projet de livre / CD « Chasser Croiser, le surréel et son écho » (éditions dis voir) qui m’a été proposé par l’Atelier de Création Radiophonique (ACR), émission de France Culture, et préparé un live que j’ai joué à Beaubourg.

J’ai également travaillé sur un cinemix qui m’a été proposé par la Cinémathèque en décembre dernier sur le dernier film muet d’Hitchcock, Blackmail. Et récemment sur le projet d’Anri Sala ‘Ravel Ravel Unravel’ qui représente le pavillon français à la Biennale de Venise. En parallèle, j’étais en studio avec Lisa Li Lund, pour son projet The Big Crunch Theory dont je produis les morceaux pour un projet d’album. J’ai aussi sorti de nombreux remixes l’année dernière, et je viens de finaliser 2 EP… Je n’ai pas trop eu le temps de m’ennuyer !

Entre ton live à Beaubourg et ta participation au projet d’Anri Sala, on sent une implication grandissante de ta part dans ce genre de performances artistiques non ? Est-ce que tu arrives à concilier cela avec l’aspect club de ta carrière, pour lequel tu es principalement connue ?
J’ai eu de beaux projets hors clubs qui m’ont été proposés. Ce sont des expériences enrichissantes qui me nourrissent beaucoup.
C’est extrêmement stimulant parce que chaque projet a un cadre bien particulier où mon style doit intégrer la vision d’un artiste, ou d’un projet précis.
J’ai été amenée à faire des performances live spéciales et hors les clubs, comme à la Cinémathèque pour le cinemix que j’ai joué, ou bien le live à Beaubourg où j’ai joué avec des ambiances et des voix que j’ai transformé sur le thème du surréalisme, ou encore en Dj, comme sur le dernier projet avec Anri Sala.
Ces projets me font prendre du recul sur mes prod clubs, et me permettent de travailler sur des nouveaux sons, des nouvelles textures, que je réintègre d’une façon ou d’une autre dans mes prods perso.

En quoi consiste exactement cette collaboration avec Anri Sala, présentée cet été au pavillon français de la Biennale de Venise ?
Le projet s’intitule « Ravel Ravel Unravel », to ravel en anglais signifie « emmêler » et son contraire, to unravel, qui signifie « démêler », en référence au célèbre compositeur français Maurice Ravel, auteur en 1930 du Concerto en ré pour la main gauche.
Anri Sala travaille essentiellement sur l’espace et le son ainsi que sur le langage silencieux du corps, il a modifié la partition originale de telle sorte à ce qu’il y ait 2 versions ayant chacune de légers décalages. Chaque version a été jouée par un compositeur différent. Dans les vidéos on ne voit que les mains des compositeurs jouer en même temps chacun leur version.

Dans la vidéo dans laquelle j’apparais, j’essaye tant bien que mal de recaler ces 2 versions! Ca a demandé pas mal de travail en amont pour connaître les 2 partitions et savoir à quel moment les recaler.

Qu’en est-il de ta discographie, as-tu le temps de travailler sur de nouvelles compositions en ce moment ? On avait beaucoup aimé ton projet Plein Soleil avec Krikor, mais celui-ci semble avoir été mis de côté depuis la sortie de Casus Belli en 2009…
Je viens de faire un remix pour Miss Kittin, un autre pour Le Carousel, et j’ai 2 ep à venir: un sur Throne of Blood (avec des remixes de Phil Kieran et My Favorite Robot) et un autre sur My Favorite Robot Records. Pour ce qui est de Plein Soleil on a laissé ce projet de côté pour le moment, on a pas mal travaillé sur nos projets respectifs, Krikor d’ailleurs est très actif sur son projet Crackboy !

Et sinon, tu as d’autres projets en préparation pour cette année ?
Je vais travailler sur la prod de l’album de Lisa Li Lund The Big Crunch Theory qu’on espère finir pour la fin de l’année. Je vais aussi travailler sur la prod d’un maxi de Léonie Pernet à venir sur Kill the Dj , et continuer de bosser sur mes prod perso!

Pour finir, peux-tu présenter le mix que tu as enregistré pour nous ?
Ca faisait un moment qu’on parlait de ce podcast pour Trace a line, j’ai pris donc beaucoup de plaisir à le faire. J’ai simplement mis des tracks que j’aime en ce moment comme le Marc Houle vs Kittin sur Items and Things, un track de l’album de Georges Issakidis sur Kill the dj, un track du nouveau projet de Weatherall, un de mes tracks à venir sur My Favorite robot Records, etc…

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3 Comments
  1. Benoit says:

    Très bon mix.
    La tracklist est-elle disponible quelque part ?

  2. Beatriz says:

    Superbe mix.
    Ce serait génial d’avoir la tracklist aussi:)

  3. piou says:

    Splendide, ça porte!

    Outro please?! Je parviens vraiment pas à trouver…

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