Amélie Ravalec : Industrial Soundtrack for the Urban Decay

Moins d’un an après la sortie de Paris – Berlin : 20 Years of Underground Techno sorti en mai 2012 (et dont nous avions parlé ici même), Amélie Ravalec annonce son deuxième documentaire. « J’ai commencé en novembre un second documentaire qui porte sur la musique industrielle avec Travis Collins, mon copain (journaliste australien), qui participe au tournage des interviews et m’aide sur la promotion du film », nous explique-t-elle. Le film veut, explique-t-elle, explorer l’histoire de la musique industrielle et aller à la rencontre des musiciens et des groupes, mais aussi des patrons de labels, de fanzine, de journalistes et des personnalités qui ont vécu la création de ce genre dérangeant et provocateur.

« Le premier morceau « industriel » à m’avoir marqué est Convincing People, de Throbbing Gristle, que j’ai écouté par hasard sur un podcast il y a quelques années. D’un autre côté, la techno et les artistes que j’aime ont été très fortement inspiré par la musique industrielle, ainsi des artistes comme Ancient Methods, Regis ou Adam X m’ont permis de creuser plus ce courant musical et de m’y intéresser pleinement. » La connexion est évidente pour elle. « Je m’occupe également de la Fondation Sonore, où nous organisons des soirées de techno industrielle basées en Belgique (la 8ème en Mai) ainsi qu’un label avec Ancient Methods, Kareem et Adam X. »

Evidente, mais Amélie assume le parti qu’elle a pris de couper le cordon entre les deux documentaires. « Même s’il y a quelque part une connexion entre les deux mouvements » techno et industriel, « je ne pense pas qu’il soit pertinent de la mettre en évidence dans le film. Je suis passée assez naturellement de la techno à la musique industrielle et pense depuis deux ans à faire un documentaire dessus. Ayant fini Paris/Berlin, je peux maintenant me concentrer dessus et commencer à tourner ». Mieux vaut donc éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain en prenant le problème par le petit bout de la lorgnette que constitue l’héritage techno de la musique industrielle. D’autant que le sujet auquel elle a le courage de s’atteler apparaît pour le coup vraiment gigantesque.

Les deux projets devraient toutefois être semblables dans le traitement de choix qu’Amélie veut offrir aux images d’archives et à l’évocation de l’époque particulière qui a vu l’émergence de la musique industrielle. « Effectivement le parallèle avec l’architecture ainsi que le contexte social et politique seront abordés dans le film ». Mais plus encore ce sont les interviews qui devraient former le coeur de son prochain film, et la liste des interviews a de quoi faire saliver : Chris & Cosey de Throbbing Gristle, Cabaret Voltaire, Clock DVA … pour ne citer que ceux qui commencent par la lettre C. « Les deux musiciens qui m’ont le plus marqué dans ceux que j’ai interviewés pour l’instant sont Mal, de Cabaret Voltaire, ainsi que Paul et Graham de Test Dept. J’ai un immense respect pour leur musique et ce fut un plaisir de les rencontrer et de d’aborder de nombreux sujets avec eux dans l’interview. « Après un premier documentaire bien accueilli, Amélie veut voir plus grand. « Je n’ai reçu aucun financement pour mon premier film, Paris/Berlin: 20 years of underground techno et l’ai réalisé avec très peu de moyens. J’ai tout tourné et monté toute seule, ce qui m’a pris trois ans. Or j’ai besoin d’un budget beaucoup plus important pour celui là, car le matériel professionnel (à l’achat ou à la location), les frais de déplacement à l’étranger, les droits musicaux ainsi que les images d’archives coutent très cher. » C’est la raison pour laquelle elle tente le pari du cwrodfunding sur le site Kiss Kiss Bank Bank.

On lui souhaite vraiment de tout coeur de réussir.

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