(TAL097) Oskar Offermann & Edward

Sorti il y a tout juste un mois, « Do Pilots Still Dream Of Flying? » est le premier album d’Oskar Offermann. Un exercice réussi sur lequel il nous a livré une nouvelle facette de sa musique, plus douce et élégante, où l’on peut même entendre sa voix sur quelques chansons. L’album est paru sur son label White, un label de famille crée en 2007 pour ses productions mais aussi et surtout pour y accueillir ses potes Edward, Martin Zadak, Moomin, Nu, Tristen… On a profité de la sortie de « Do Pilots Still Dream Of Flying? » pour discuter un peu avec lui de son travail, son entourage, et bien évidemment de cet album et de son actualité. À lire avec le mix qui l’accompagne, ce 97éme podcast enregistré le 04 Novembre dernier au Panoramabar en back 2 back avec Edward.

- English Version -

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-Hi Oskar, comment ça va ?
Beaucoup de choses se passent en ce moment. Mon premier album « Do Pilots Still Dream About Flying? » vient tout juste de sortir, et je tourne dans pas mal d’endroits depuis. Sinon, j’essaie de répondre patiemment à tout mes mails, et j’ai surtout hâte de retourner en studio pour reprendre mon travail.

-On sait que t’as écouté beaucoup de hip-hop durant ton enfance, est-ce toujours le cas aujourd’hui ? Tu peux nous citer quelques noms ?
J’écoute pas vraiment de trucs récents. Seulement quand c’est vraiment bien, comme le dernier album de Kanye par exemple… mais sinon, c’est du Mobb Deep, Coflow, Outkast, Gang Starr, Premo in General, Dilla, Tribe, etc…

-Cette musique a du être une influence majeure sur ta musique et ta carrière, non ? Je suppose que t’as découvert le sampling grâce à ça ?

Oui, c’est correct. J’ai commencé à produire vers 1998 avec une Akai MPC 2000XL. Je crois que j’ai encore le ticket de caisse qui traîne quelque part.

-À quel moment as-tu commencé à écouter de la house ?

Le fait d’arriver à Berlin en 2001 m’a vraiment influencé. J’ai commencé à sortir plus souvent et je me suis plongé dans la musique électronique. Au début, je me passionnais pour des labels comme Kompakt. Avant de découvrir de plus en plus la house music et ses origines.

-Est-ce que t’as déménagé à Berlin pour ta musique et ta carrière ou était-ce pour une autre raison ?

À l’époque, j’avais préparé ça avec mon meilleure pote. Je pense qu’on devait avoir quelque chose comme 16 ans et on avait vu quelque chose à la télé à propos de ce Berlin « jeune et fou ». On s’est simplement dit « wow, il faut qu’on bouge là bas après les études ». Et c’est ce qu’on a fait. À ce moment là, c’était aussi en quelque sorte une motivation pour s’accrocher aux études… genre « la prochaine étape, c’est Berlin… et après on verra ».

-Ok, venons en à ta musique. Quel type de matériel utilises-tu pour la prod ? J’ai lu que t’as commencé à utiliser Ableton y’a pas si longtemps que ça ?

J’ai commencé à me servir de Ableton en 2009. Parce que j’étais pas mal frustré par l’arrangement via la MPC. Le premier morceau que j’ai produis dessus était « Only My Shorts », je viens juste d’y jeter un oeil, et les premières versions étaient nommées « test »…

À côté de ça, j’ai un Juno de Roland, des boites à rythme MFB, et quelques boîtes d’effets des années 80. J’ai aussi d’autres boites à rythme bon marché, mais en ce qui concerne l’album, je crois que j’ai surtout utilisé les MFB.

-Parle nous un peu d’Adam Zawadzki et comment vous vous êtes recentrés. Pour quelle raison et à quel moment avez vous décidé de créer le label White ?
On s’est rencontré à l’école, Adam a toujours été dans le design et moi dans la musique. On a donc décidé à un moment donné, qu’il allait s’occuper un jour de mes pochettes. On a commencé les soirées « Clic Clac Club » à Berlin le 3 Mars 2003 et il a fait tous les artworks. Après ça, on a lancé le label en 2007.

-Les premières sorties ont été signées par de jeunes artistes comme Edward ou Martin Zadak. C’était déjà des potes à l’époque, ou est-ce que t’as du aller les chercher, sur internet ou autre chose ?
Non, on est tous des potes. Et aujourd’hui ça reste l’essence même du label. Tout les principaux artistes se connaissaient bien avant le lancement de White. Et tout ces gens sont rentrés naturellement dans ma vie.

-On le voit dans ta discographie et celle de tes labels, tu as l’air de beaucoup apprécier l’esprit de collabs, splits, various artists ?
Je pense que la série des splits sur White, qu’on appelle « faces series », est légèrement différente de celle des collaborations en studio. À travers les splitts, vous pouvez proposer des sons différents et les réunir spirituellement. Cela reflète simplement la variété de la musique que j’aime en tant que DJ. Pour les productions c’était une approche très différente à chaque fois.

-Parle nous un peu de ton second label, Rimini. Tu diriges ça tout seul ? Les edits sont géniaux mais il y a eu seulement trois sorties en deux ans, on aimerait vraiment en entendre plus…
La principale différence avec Rimini c’est qu’il n’y a pas beaucoup de gens impliqués. Il est très DIY, c’est une approche que j’ai fini par adopter pour chaque nouvelle sortie. Mais puisque je m’en occupe presque tout seul, cela demande du temps et de l’argent. Je pense parfois à m’en occuper de façon plus permanente, mais ensuite je n’arrive simplement pas à réunir tout à temps. Alors je ne sors qu’un disque par an. Et le plus drôle, c’est qu’ils atteignent des prix incroyablement élevés sur discogs maintenant. Donc peut-être qu’il serait logique de ne pas trop inonder le marché avec certains projets.

-Comment pourrais-tu présenter ton premier album « Do Pilots Still Dream Of Flying? » à quelqu’un qui n’a jamais écouté ta musique avant ? Quelle est la signification du nom de l’album?
C’est une musique à propos du rêve de voler, je dirais. Voler comme une métaphore. Voler comme un état d’esprit. Voler comme une étape dans ta vie, peut-être. Tout le monde connait le bon dans sa vie. Mais comme on dit, tout ce qui monte doit redescendre… C’est tout à fait naturel. Mais en tant qu’artiste ou idéaliste tu n’as pas le choix. Tu dois faire ce que tu dois faire. Donc, je répondrais «oui» à la question, si les pilotes rêvent encore de voler! Et entre temps, j’en ai aussi parlé à certaines personnes concernées :)

-On sent un esprit beaucoup plus mélodique sur ce long format, parfois un peu au détriment des samples que t’utilisais beaucoup sur tes EPs. C’est intentionnel ce changement ?
Oh tu crois ? hm… Je ne pense pas du tout. Je travaille encore énormément avec les samples. Mais je veux vraiment arrêter de les utiliser pendant un moment parce que cela m’ennuie … « Pilots » est la seule chanson de l’album sur laquelle il n’y a aucun sample . Et ça me plait beaucoup. Donc peut-être que j’essaierais de me concentrer un peu plus sur la composition des éléments à l’avenir.

-D’ailleurs est-ce que c’est toi qui chantes sur certains morceaux de l’album ?
Oui tout est de moi. J’ai toujours eu trop peur d’utiliser ma propre voix. Mais maintenant, j’ai acquis un peu plus de confiance en moi à ce sujet. Donc on va bien voir où cela me mène à l’avenir…

-À l’annonce de ton disque, je m’attendais à trouver des featuring dans la tracklist. Je présume que c’était un projet totalement personnel ?
J’ai vraiment eu le sentiment que je devais transmettre quelque chose personnellement. Je voulais produire un album depuis trèèèès longtemps, mais je n’ai jamais réussi à le faire. C’était quelque chose que je devais faire par moi-même.

-Est-ce que cet album va t’amener à travailler sur un live ?
Non, pas vraiment, je suis un DJ. Alors ce que j’essaie de faire c’est de jouer quelques édits de l’album et de remixer les tracks différemment. Mais pour mon travail en tant que DJ, ce n’est jamais facile de jouer mes propres productions. Pour l’instant, je suis à la recherche de la perfection sur le dancefloor. Des moments où plus rien ne compte et où tu peux t’oublier pour une seconde. Tu ne fais que bouger le long d’une salle pleine de gens qui ressentent la même chose que toi. C’est ce que j’essaie de trouver. Et ma musique ne s’intègre pas vraiment dans cette démarche, parce que ça me rend nerveux de jouer mes propres trucs.

-Que doit-on attendre de toi et de tes labels pour 2013 ?
Je vais me remettre au travail avec mon partenaire Edward. Et je veux continuer à travailler sur ma vision de « voler » bien sûr! Nous devons aussi réfléchir à la façon de réorganiser notre label… puisque nous avons de moins en moins de temps libre. Il y a aussi du matériel pour la prochaine sortie de Rimini mais ça va me prendre un moment pour tout assembler correctement. Et pendant ce temps je serai encore sur la route et je vais travailler sur certains remixes.

-Pour finir, quelques mots sur le mix que t’as enregistré pour nous ?
Yeah, le mix a été enregistré lors de notre dernière soirée au Panoramabar. « Nous » c’est Edward et moi-même. Malheureusement nous avons eu quelques problèmes avec l’une des platines. Nous avons d’abord pensé que ça venait de la cellule. Mais ce n’était pas ça. Il a donc fallu un moment pour changer l’une des platines et le son sur certains morceaux sonne vraiment pas terrible. Mais ce record d’une heure représente très bien le type de musique qu’Edward et moi jouons ensemble.

Download here : (TAL097) Oskar Offermann & Edward – 19.12.2012

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