Zoom | Andy Stott – We Stay Together EP

On y est, dans quelques heures nous serons en 2012, année de la fin du monde, bla bla bla. Les vannes sur les mayas fleurissent comme au printemps, de même que les best of annuels des différents sites et magazines… Il est toujours amusant d’y jeter un oeil, certains étant très intéressants, et d’autres méritant la palme du plus gros léchage de cul 2011. Mais ce n’est pas le sujet de ce soir… En effet, 2011 a apporté beaucoup de très bonnes choses musicalement parlant, et on se prêtera peut-être nous aussi au jeu du top, mais il y a quelqu’un qui méritait à mon sens plus que deux lignes dans un vulgaire classement : Andy Stott. Difficile de trouver des informations sur ce britannique somme toute assez mystérieux mais après tout, quoi de mieux pour connaître un musicien que de se plonger dans son oeuvre? Sorti en octobre, We Stay Together est seulement le deuxième EP de l’année pour monsieur Stott, après son excellent Passed Me By en mai. Mais Andy ne se fout pas de votre gueule, et chacune de ces deux sorties a de quoi vous tenir en haleine pendant de longs mois… D’autant plus qu’il a eu la très bonne idée de ressortir ses deux travaux en y ajoutant des morceaux inédits pour noël. Mais autant vous prévenir, il faut être sacrément couillu pour aller à l’assaut de la montagne sonore qu’est We Stay Together

S’ouvrant sur un Submission oppressant au possible, cet EP conçu comme un mini album laisse déjà entrevoir l’épaisseur du son d’Andy Stott… Si nombreux sont ceux qui reprochent aux musiques dites « minimalistes » d’être bien trop superficielles, il leur faudra trouver un nouveau cheval de bataille pour descendre le britannique. Chaque morceau est extrêmement dense, semblant être composé d’une stratification de couches sonores imbriquées les unes dans les autres, et donnant au tout un aspect brumeux, limite bruyant, mais toujours maitrisé. On aime abuser du terme « mental » pour qualifier la musique électronique, mais il est finalement totalement adapté dans notre cas… Difficile de sortir indemne de cet EP en tout cas, tant le bpm lent et l’ambiance sombre sont prenants. Entre dub techno et ambient apocalyptique, les 8 titres de la réédition de We Stay Together vous déconnectent de la réalité, vous poussant à enchainer les clopes histoire de rajouter un peu de fumée à l’atmosphère de la pièce et à ne pas vous échapper de cet état vaporeux à la fois si dérangeant et si plaisant. Les beats sont lourds, résonnent, et se font de plus en plus lointains à mesure que vous vous laissez aspirer par la musique, le souffle haletant et les yeux dans le vague… On est très loin des clichés de la techno de club, et les divagations sonores de Stott feront des ravages chez les amateurs de nuits blanches passées à comater devant un écran… Ecoute domestique plus que conseillée donc, et au casque, bien évidemment.

Au final, impossible de dégager une quelconque préférence entre les titres de We Stay Together, tant cet EP déborde de cohérence et restera gravé comme l’une des plus belles surprises de cette année 2011. Pas besoin d’en dire beaucoup plus, les mots me manquent et le mieux pour vous reste de vous plonger dans ce chef d’oeuvre, ainsi que dans Passed Me By, son précédent EP… La musique est la meilleure des drogues et Andy Stott l’a bien compris, à vous d’en prendre conscience maintenant.

2 Comments
  1. davka says:

    Profitez de cet article sur TAL comme si c’était le dernier,
    Amicalement,
    Les Mayas.

  2. T. says:

    Sombre emmental.

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