(TAL066) Nicolas Lutz


On le sait, Berlin regorge de DJs ultra talentueux mais pas forcément reconnus à l’étranger. Si c’était possible on les accueillerait tous sur Trace A Line avec plaisir, mais le fait est qu’il y en a vraiment vrrraiment beaucoup, et qu’on est donc bien obligé de choisir. Du coup, notre choix s’est porté sur Nicolas Lutz pour ce nouveau podcast: résident du fameux et très respecté Club der Visionaere, cet uruguayen d’origine mène une vie plutôt atypique. Après avoir passé les 30 premières années de sa vie à voyager entre Montevideo, Londres et Sao Paulo, il finit par poser définitivement ses valises à Berlin où il trouve toute la liberté et l’inspiration qu’il recherchait. Entouré par des personnalités comme Binh ou Margaret Dygas, il prend le temps de développer son style à mi-chemin entre deep house et techno minimale, typiquement le genre de son des afters berlinoises. Mais bon, au diable la biographie, posons plutôt quelques questions directement à l’intéressé.

- English Version -

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Salut Nicolas, tout va bien ?
Tout va très bien merci! Je viens de passer quelques jours à Ibiza pour voir des amis, c’est d’ailleurs là que j’ai enregistré le podcast.

Pourrais-tu te présenter et résumer un peu ton parcours pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Je suis né à Montevideo en 1980, où j’ai passé le plus clair de mon temps à faire du skate…Puis j’ai déménagé à Londres quand j’ai eu 18 ans, et j’ai ensuite vécu dans pas mal d’endroits différents dans le but de trouver le lieu où je me sentirais le plus libre et inspiré.
Sinon j’ai commencé à sortir à l’âge de 12 ans, je ne comprenais pas grand chose à la musique à cette époque mais je me souviens avoir adoré danser sur ce qui passait dans les clubs de Montevideo. Quelques années plus tard un ami plus âgé que moi m’a emmené à ma première vraie soirée techno, et c’est comme ça que tout a commencé…J’ai été fasciné par l’atmosphère qui régnait dans cette boîte remplie de gens complètement fous qui ne s’arrêtaient pas de danser. Après ça j’ai continué à fréquenter tous les events techno de Montevideo, c’était un milieu minuscule! Bruno Gervais jouait dans presque toutes ces soirées, c’était un DJ français qui m’a beaucoup inspiré et m’a fait découvrir la musique. Il jouait à la fois de la house, techno, electro, trip-hop, trance…C’était incroyable de voir comment il arrivait à mélanger tous ces styles de façon si intéressante. Honnêtement, je remercie le ciel tous les jours pour avoir rencontré ce mec.
A l’époque, j’avais un ami à l’école dont le père tenait un magasin de sono et d’équipement DJ, et grâce à ça il a pu récupérer des platines. Du coup on a essayé de mixer quelques disques qu’il avait achetés, on s’est de plus en plus intéressés au mix et Bruno nous aidait beaucoup. Quand j’ai déménagé à Londres je m’y suis mis un peu plus sérieusement, et j’ai rapidement trouvé un job ce qui m’a permis d’acheter de plus en plus de disques.

Tu as vécu dans beaucoup de villes différentes comme Londres, Sao Paulo, Ibiza et maintenant Berlin…Comment ça se fait que tu aies pu voyager autant, et qu’est-ce que tu retiens de chacune de ces destinations ?
Comme je te l’ai dit je voulais trouver la ville où je me sentirais le mieux…J’ai déménagé à Londres parce que je ne m’imaginais pas trop rester en Uruguay, je ne savais pas trop quoi faire là bas. J’étais vraiment irrécupérable, je faisais du skate toute la journée, j’allais à des fêtes et je mixais chez des amis, c’était les seules choses qui m’intéressaient. C’est très difficile de s’en sortir en Uruguay, surtout pour quelqu’un qui a quitté l’école très tôt. A l’époque je n’imaginais pas du tout que je finirais par devenir DJ ou quoi que ce soit, mais j’ai quand même décidé de partir à Londres avec ma copine de l’époque pour essayer de prendre un nouveau départ et voyager un peu. Londres est une ville très stressante, je devais travailler sans arrêt pour payer le loyer et même si j’y ai appris beaucoup je ne voulais pas m’installer là-bas définitivement.
Du coup je suis parti à Sao Paulo et j’y suis resté six ans, ça a été une étape très importante pour moi. C’est là que j’ai vraiment pu commencer à gagner ma vie en tant que DJ, je me suis retrouvé à faire le tour du Brésil chaque week-end pour mixer, j’ai même été résident dans de très bons clubs comme le D-Edge. J’affectionne particulièrement Sao Paulo, parce que c’est là que ma vie a vraiment pris la bonne direction. Aujourd’hui je vis à Berlin, je me sens très libre dans cette ville et j’y ai rencontré beaucoup de gens formidables. C’est vraiment là que je me sens le mieux, je peux enfin faire ce que je veux comme je le veux.

Tu es également devenu résident du fameux Club der Visionaere de Berlin, comment s’est passée la rencontre avec le club ?
C’est grâce à des amis qui y jouaient très souvent, ils m’ont appelé plusieurs fois pour venir mixer avec eux. J’ai rencontré le propriétaire et la plupart des habitués du club. Peu après j’ai fait la connaissance de Binh et Margaret Dygas qui organisaient les soirées NOON au Club der Visionaere tous les dimanches, de midi à minuit. Ils m’ont proposé de les rejoindre, et c’est comme ça qu’on est devenu très potes. Le Club der Visionaere est vraiment ma deuxième maison, j’ai beaucoup de respect pour cet endroit et pour les gens qui y travaillent.

Je ne crois pas que tu aies déjà sorti le moindre morceau, est-ce que tu t’intéresses aussi à la production ou est-ce que tu te contentes du mix ?
Mixer est ma plus grande passion, mais je commence aussi à m’intéresser à la prod. Je ne m’y suis jamais mis avant car je n’aime pas travailler avec un ordinateur, j’aime les sons analogiques et pour ça il faut des machines…La manière de produire que j’apprécie le plus est donc très chère, je vais devoir économiser beaucoup d’argent. J’ai déjà acheté un peu de matos mais je suis toujours en train de chercher mon son, en tout cas j’espère pouvoir commencer à sortir des tracks bientôt.

Et sinon, tu as d’autres projets ?
Je veux simplement continuer à faire ce que je fais, mixer la musique que j’aime et m’amuser. J’organise aussi les soirées Kill Techno Divas à Athènes tous les deux mois, c’est au 6DOGS. Je ne suis pas vraiment du genre à avoir des projets précis tu sais, je préfère vivre au jour le jour.

Merci pour cette interview. Quelques mots sur le mix que tu as préparé pour nous ?
Honnêtement je fais assez peu de podcasts, simplement parce que je trouve ça très difficile de faire un mix de 70 minutes qui « raconte une histoire ». J’aime beaucoup de styles de musique différents et c’est compliqué de mélanger tout ça et d’en faire quelque chose de cohérent. Malgré ça je pense que le mix que j’ai fait pour vous est plutôt cool, et j’espère qu’il plaira à vos auditeurs.

Download here : (TAL066) Nicolas Lutz – 11.12.2011

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