New Paradigm

Cette fois ça y est, la « néo-house » avec laquelle on vous bassinait depuis des mois et des mois semble avoir fait son temps sur Trace A Line, du moins pour le moment. Je veux bien sûr parler de Hot Creations, Jamie Jones, Maceo Plex, et tous ces mots-clés qui revenaient régulièrement dans nos articles, et pas que dans les nôtres d’ailleurs. Pas mal de monde aura finalement été lassé par cette scène qui semble éprouver quelques difficultés à se renouveler dernièrement: toujours les mêmes samples, les mêmes synthés, les mêmes lignes de basse aussi efficaces soient elles, si bien qu’au fil des déceptions même les plus endurcis d’entre nous sont progressivement retournés à des choses plus techno, moins estivales…L’automne et le retour du froid y sont peut être aussi pour beaucoup.
Bref, ce changement de cap semblait être une bonne occasion pour reprendre les traditionnelles playlists, qui devraient se faire de plus en plus fréquentes dans les prochaines semaines. Et on commence donc tout de suite avec ma sélection, pour vous montrer un peu où j’en suis depuis la rentrée.

Débutons avec The Finger Prince, duo australien de mecs aux cheveux longs dont j’ai récemment découvert le maxi Conducive II, sorti en avril dernier sur Bang Gang. Même si ce label nous avait plutôt habitués à la disco house de Shazam ou Bag Raiders, le maxi en question a pourtant une sonorité bien techno, qui n’est pas sans rappeler les prods récentes de Gesaffelstein. Trois originaux sont présents, accompagnés de trois remixes allant de l’electro agressive de Charlie Why à la house épurée de Ark. Mais le morceau qui m’a le plus tapé dans l’oreille est Beau, qui est à mon sens pile le genre de trucs qui pourrait sortir sur Turbo.

The Finger Prince – Beau

Je n’ai aucune idée de comment classer les morceaux de cette playlist, donc je vais simplement enchaîner au hasard avec un remix de Ryan Crosson pour Alex Smoke, sorti cet été sur Soma et bien saigné pendant plusieurs mois par Seth Troxler. Le côté très minimaliste de l’originale est ici écrabouillé par une bassline du plus bel effet, subtilement accompagnée d’une voix vraiment chelou qui apporte une atmosphère très mélancolique au résultat final.

Alex Smoke – Make My Day (Ryan Crosson’s Morning Sorrow Remix)

Objekt, encore un artiste mystérieux adepte du white label, c’est à dire des sorties ultra-limitées de vinyles avec rien écrit dessus (à part de temps en temps une adresse mail). C’est aussi un adepte du dubstep sombre emmental, le vrai dubstep pour homme qui s’inspire aussi bien du garage que de la grosse techno. Et le résultat à mi-chemin entre tout ça est bluffant, à condition de l’écouter au casque pour bien en percevoir toute la puissance…En tout cas je suis sûr que Marcel Fengler a kiffé.

Objekt – CLK Recovery

Dans le genre techno mécanique, il y a aussi ce morceau sorti sur Mental Groove en 2006. Là encore il s’agit d’un label plutôt versatile puisqu’il a un peu accueilli les deux extrêmes, de Don Rimini à Donato Dozzy… Il a aussi sorti l’excellent album de Crowdpleaser & St. Plomb dont est tiré le track ci-dessous, un gros coup de coeur pour ma part.

Crowdpleaser & St. Plomb – 123

Restons en 2006 avec le magnifique Floorshow (1.2), qui est l’un des nombreux classiques de Surgeon. Le beat est moins martial que dans la plupart des prods du chirurgien de la techno, l’ambiance plus posée, et les pads utilisés font clairement référence à Détroit. Le producteur anglais dévoile ici une facette de sa personnalité musicale que l’on voit rarement, où les mélodies sont plus paisibles et la rythmique moins brutale.

Surgeon – Floorshow (1.2)

Les portugais de Re:Axis finissaient par lasser avec leurs productions à base de synthés fantomatiques qui montent et qui descendent et de bruits de goutte d’eau. Sauf qu’ils sembleraient avoir enfin compris ce qui plait vraiment aux gens: des lignes de basse de bâtard et une petite touche de house discoïde. Du coup, le style de José Diogo Correia (qui se retrouve désormais seul aux commandes du projet) s’est beaucoup rapproché de celui de Maetrik, et la transformation est très réussie comme en témoigne cet extrait du maxi Into The Light, récemment sorti sur Monocline Records.

Re:Axis – Let The Light In

Parmi la série d’EPs de remixes que Soma a sorti à l’occasion de ses 20 ans, je suis tombé sur le morceau Tonight du groupe H-Foundation, qui a été retravaillé pour ce maxi par des artistes aussi prestigieux que Wolf + Lamb et DJ Sneak. Mais le remix qui a le plus retenu mon attention est celui de Gene Farris, membre historique de l’écurie Soma et auteur de plusieurs très bons albums de house à l’ancienne. Il reprend ici Tonight avec brio et dote l’originale d’un kick lourd et percussif accompagné de plusieurs nappes quasi-trance, il fallait le faire.

H-Foundation – Tonight (Gene Farris Real Deal Remix)

En écoutant l’Essential Mix de Julio Bashmore sorti fin septembre, j’avais été impressionné par la capacité du DJ bristolien à mélanger autant de genres différents, et surtout par le nombre de perles contenues dans son mix…Pas étonnant que Bristol soit en train de devenir si hype avec des talents comme celui-ci. Mais n’ayant pas eu la force de rechercher toutes les bombes présentes dans la tracklist, je n’ai dû me contenter que de quelques trouvailles dont ce morceau de Salt City Orchestra paru en 1994, ici dans sa version Hardback. Un classique, violent à souhait.

Salt City Orchestra – The Book (Hardback Dub)

Mark Henning est clairement l’un des meilleurs producteurs de ces dernières années, à la fois pour son style si particulier et pour la qualité de la production. Beaucoup de monde ne jure plus que par lui depuis le monstrueux Collider sorti en 2010, et c’est par hasard que je suis tombé sur ce remix qu’il a réalisé pour Boris Ross il y a quatre ans, et qui illustre très bien ce qu’est le son de Mark Henning: une tech-house déviante, organique, et une ambiance vraiment malsaine mais tellement bien foutue!

Boris Ross – Fusion (Mark Henning Remix)

Ghost People, le nouvel album de Martyn, est sorti le 10 octobre dernier sur Brainfeeder. Le blog Chroniques Electroniques l’a qualifié de « 2-step protéiforme », et je ne vais pas les contredire même si je n’ai aucune idée de ce que ça signifie. L’extrait qui symbolise le mieux ce terme pour le moins étrange c’est certainement We Are You In The Future, track incroyable de neuf minutes qui clôture l’album en guise de cerise sur le gâteau. On a là un mélange de dubstep, de trance, de drum & bass et de tant d’autres choses, et le pire c’est que le mix de tout ça n’est même pas indigeste, bien au contraire.

Martyn – We Are You In The Future

Et pour finir, un petit edit chill trouvé sur Soundcloud:

Sun Glitters – Beside Me (Essáy’s Calm Interpretation)

5 Comments
  1. Vicious Advert says:

    Très bon sons! =)

  2. acidtaste says:

    « les traditionnelles playlists, qui devraient se faire de plus en plus fréquentes dans les prochaines semaines » YOUPI !

  3. franprices says:

    encore encore ! Je suis d’accord on veut pouvoir faire notre petit marché chaque semaine !

  4. stannah says:

    La même !

  5. Romac says:

    > L’automne et le retour du froid y sont peut être aussi pour beaucoup.

    J’ai eu le même sentiment, j’ai très peu écouté de techno cet été et là; depuis qu’il fait sombre, gris et froid; je n’écoute plus que ça.

    Un grand merci donc, pour cette superbe playlist; peut-être la meilleure jusqu’alors.

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