(TAL058) Sian

Beaucoup de monde connaît Sian, cet Irlandais tatoué qui compte aujourd’hui parmi les gros bonnets d’une techno froide et cérébrale, du genre Terence Fixmer et compagnie. Après un premier album en 2002, une grosse poignée de maxis et la création de son label Octopus, il a sorti cet été Before Silence, son nouveau long format pour le moins conceptuel. Et le mieux dans cette histoire, c’est qu’il nous a même envoyé un podcast pour fêter ça, certes un peu daté mais très réussi. Par contre, pas de longue biographie en accompagnement du mix de la semaine, voici une petite interview sans prétention pour changer un peu, juste ce qu’il faut savoir pour se tenir au courant de l’actualité de Sian, et comprendre tout ce qui se cache derrière son album.

- English Version -

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Salut Graham, ça va ?
Oui ça va merci, je viens de me réveiller après une nuit en boîte assez rude avec des amis. J’aime bien sortir en plein milieu de la semaine.

On peut dire que ton nom est devenu une référence sur la scène techno ces dernières années. Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir DJ et producteur, et quand as-tu compris que tu ferais carrière dans la musique ?
Pour être honnête j’ai l’impression d’être encore un débutant sur le circuit, je suis toujours en plein processus d’apprentissages des techniques de production etc. J’ai commencé en traînant dans des studios, en me faisant aider pour la prod par ci par là, puis j’ai acheté mon propre matos et j’ai appris à m’en servir. Je me suis toujours dit que je réussirais à faire une carrière musicale d’une manière ou d’une autre, j’ai toujours voulu gagner ma vie en tant qu’artiste.

Il y a quelques mois tu as sorti un nouvel album, Before Silence…Que signifie ce titre ?
Il symbolise le fait de construire quelque chose à partir de rien, comme si tout ce que nous faisions émanait du vide. J’ai choisi ce titre parce qu’il a toujours voulu dire quelque chose pour moi, et parce que je ne peux pas vivre dans le silence, il me faut toujours beaucoup de bruit et d’excitation dans mon environnement.

Parle nous du format de cet album, qui est assez inhabituel pour un disque techno… Comment as-tu fait pour construire un album cohérent à partir de morceaux qui étaient très différents à la base, et qui n’étaient pas censés finir sur le même disque ?
Oui ce fut un projet extrêmement difficile à réaliser, j’ai dû décomposer tous mes nouveaux morceaux et les rassembler en une seule pièce de manière à ce qu’ils prennent la forme d’un live. J’ai voulu essayer quelque chose de nouveau, et prendre un angle d’approche différent. J’ai donc dû trouver quels sons allaient bien ensemble, quel tempo était le bon etc, il a fallu réunir plus de 1000 boucles comme un puzzle.

Beaucoup de remixeurs différents ont participé à cet album comme Terence Fixmer, Carlio Lio ou Xhin…Comment s’est passée la sélection des artistes ?
J’ai simplement fait une liste de mes producteurs favoris, je les ai contactés et ils ont tous répondu positivement. Ca a été super encourageant, ce sont vraiment mes musiciens favoris en ce moment.

Tu as passé énormément de temps sur l’album. Au final, est-ce que tu en es totalement satisfait ou est-ce que certaines choses auraient pu être améliorées ? Il y a toujours des doutes et une oeuvre d’art n’est jamais vraiment terminée, je pense qu’il faut juste faire un effort pour l’amener au plus haut niveau possible.

Pourquoi restes-tu à Barcelone et ne vas-tu pas vivre à Berlin par exemple ?
Je trouve que Berlin est une ville un peu étouffante, il y a trop d’artistes, et trop d’artistes c’est comme trop de cuisiniers tu comprends ? Barcelone a une énergie et une chaleur qui m’inspirent beaucoup, Berlin est sympa à visiter mais j’ai besoin de chaleur.

Y’a-t-il une culture du clubbing en Irlande ?
Elle existe mais n’est pas très développée, il y a des clubs très sympas mais un réel manque de créativité à la fois chez les promoteurs et chez les artistes. La crise qu’on connaît en ce moment pourrait peut être résoudre ça comme dans les années 90, là on avait une scène techno dont on pouvait être fier!

Quels artistes apprécies-tu le plus en ce moment ?
Je respecte ceux qui ont su rester eux-mêmes et ne se sont pas laissés emporter par une mode. Je pense que quand tu pratiques un art, tu dois le faire sans hésitations et avec conviction. Par contre je n’ai pas vraiment de noms à te citer, car pour moi, en ce moment plus que jamais, la musique est bien plus importante que l’artiste.

Un mot sur tes projets futurs ?
J’ai fait pas mal de remixes récemment dont un pour Mauro Picotto, un autre pour un vieux Funk D Void et un troisième sur mon propre label…Je tourne aussi beaucoup, et je travaille sur de nouvelles façons de baiser le système!

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Download here : (TAL058) Sian – 06.10.2011

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