Interview | Kate Simko

Quelques jours après la sortie de son premier album solo, Lights Out, Kate Simko a bien voulu répondre à quelques questions… Originaire d’une des cités mères de la musique électronique, Chicago, et artiste touche à tout, Kate fait partie des figures de proue de cette nouvelle vague d’artistes house féminines. A l’instar de Deniz Kurtel ou Maayan Nidam, sa musique n’a rien à envier à celle produite par ses collègues masculins, et nul doute que son album figurera parmi les meilleures sorties de 2011. Entretien avec une artiste multi-facettes et pleine de surprises.

- English Version -

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Salut Kate ! Comment ça va?
Tout va bien ici… Je suis tranquillement posée sur mon lit avec mon ordi et mon chat :)

J’ai entendu dire que pratiquement toute ta famille joue du piano, et que tu as donc logiquement commencé à l’étudier quand tu étais petite… Comment as-tu été influencée par cette éducation classique dans la musique que tu produis aujourd’hui ?
C’est une bonne question. Une bonne partie de cette influence consiste à entraîner ton oreille et apprendre les règles de la musique. J’écris toujours mes chansons dans une certaine tonalité et je base tout le reste autour de ça, c’est un peu comme la colonne vertébrale de chaque morceau. Donc on peut dire que j’ai une approche assez classique quand il s’agit de composer mes morceaux.

J’ai vu que tu avais été appelée « La Première Dame de la techno chez Spectral Sound »… Peux-tu nous dire comment tu as rejoint la famille Ghostly International et Spectral Sound ? Qu’est-ce que ça fait d’être un membre important d’un si bon label ?
Spectral Sound et Ghostly International ont été vraiment cools avec moi ces dernières années. Ils ont été derrière moi et m’ont aidé à construire ma carrière musicale depuis le tout début. Je leur suis reconnaissante de m’avoir autant supporté et de m’avoir prise sous leur aile. On a vécu de super soirées de label et de super moments ces dernières années.

Tu viens de Chicago, mais j’ai lu que tu n’étais pas une grande fan de la house de Chicago… C’est vrai ? Comment expliques-tu que tu te sentes plus proche de la techno de Detroit plutôt que de la house de Chicago ?
Hmm non ce n’est pas vrai ! J’adore la house de Chicago. C’est dans mon sang je pense… :) Chicago et Detroit sont mes deux plus grandes influences, car j’ai grandi en écoutant les DJs de ces deux villes…

Tu as composé la bande originale du film-documentaire The Atom Smashers, parue sur Ghostly International. Ca doit être une expérience géniale, non ? Est-ce qu’on entendra d’autres BO signées Kate Simko dans le futur ?
C’était ma première bande son oui, et c’était une super expérience, c’est sûr. Faire de la musique pour un film me passionne vraiment, et j’espère renouveler l’expérience dès que possible.

Lights Out est ton premier album solo… Tu en es fière ? Tu as bossé combien de temps dessus ?
J’ai l’impression d’avoir bossé dessus un million de fois..? Non je plaisante, mais c’est presque ça. Je suis fière de mon album. Il couvre un large spectre de genres musicaux – musique électronique pour l’écoute domestique, house, minimale, et ambient – mais maintient une certaine cohérence et raconte une vraie histoire. C’était le plus gros challenge et la partie la plus cool de la production d’un album.

Après une très bonne collaboration avec Spectral Sound, pourquoi as-tu choisi Hello? Repeat pour sortir ton premier album ?
C’est une bonne question. Spectral Sound ne voulait pas sortir mon album en double vinyl et CD, donc j’ai signé sur Hello? Repeat.

Mind On You, le premier single extrait de ton futur album, a été remixé par Tevo Howard et Daze Maxim. Comment ont été choisis les remixeurs ?
Et bien, Daze Maxim était un choix facile puisqu’il est l’un des créateurs de Hello? Repeat, et son style correspondait bien au mien. Et j’ai demandé un remix à Tevo parce qu’on a bossé ensemble à Chicago et qu’il a aimé l’album. Donc les deux choix se sont faits plutôt naturellement…

Votre dernière sortie en tant que Detalles (avec Andres Bucci) date de 2007. Est-ce qu’on peut espérer d’autres morceaux prochainement ?
C’est une bonne question… On a énormément de demandes pour jouer en club, mais c’est difficile car j’habite à Chicago et Andres vit à Santiago, au Chili. Avec un peu de chances nos chemins se croiseront et nous pourrons refaire de la musique ensemble.

Et qu’en est-il de ta collaboration avec Tevo Howard, Polyrythimic ? Et j’ai aussi entendu dire que tu prévoyais de sortir un EP sur Supplement Facts avec Anthony Collins… Tu peux nous en dire plus ?
Tevo et moi travaillons ensemble depuis environ un an maintenant, et notre premier EP en tant que Polyrythmic sortira sur Tevo Howard Recordings en septembre. Quant à ma collaboration avec Anthony, on a fait notre EP à distance (en s’envoyant des sessions Logic via internet), et ça a bien marché en fait ! Notre EP Sit Back sortira le mois prochain sur Supplement Facts.

Tu as aussi travaillé avec Philip Glass, ce qui est plutôt inhabituel pour une artiste de musique électronique. C’est ton côté classique qui s’exprimait à travers ce projet ?
Oui, c’était clairement un projet musical classique. Le label de Glass a voulu que je leur fasse un remix à cause de ma formation classique je pense. J’ai fini par jouer quelques concerts avec le Philip Glass Ensemble (c’était génial) et j’ai écrit quelques parties électroniques etc… La majorité de ma musique vient de la house et de la techno, mais j’adore vraiment mêler tout ça avec la théorie musicale pour des projets comme ça ou les bande originales de films.

La musique tient une énorme place dans ta vie, mais tu sembles aussi attirée par la dimension visuelle, puisque ton live sera un « projet cinématique visuel » tel que tu le décris… Peux-tu nous expliquer ce que tu voulais faire en créant ce live show avec Jeffrey Weeter ? A quoi ça va ressembler ?
Je voulais que mon live soit plus prenant pour le public, et que les visuels aident à accentuer la musique. On appelle ce A/V live « cinéma live » parce que chaque morceau a sa propre vidéo qui est créée en temps réel par rapport aux variations de ma musique. On avait choisi des thèmes visuels à l’avance pour chaque titre, et après on est allé filmer à Sao Paulo, Rio de Janeiro, Buenos Aires, Chicago et Tokyo. On pourra voir l’esthétique visuelle changer en temps réel avec les transitions musicales…

Tu as sorti Lost In Time sur Eklo l’année dernière, avec un remix de dOP. Peut-on s’attendre à une autre release sur le label de Seuil, ou c’était juste un « one shot » ? Et tant qu’on y est, qu’est-ce que tu penses de la scène électronique française et de la vie nocturne en France ?
Lost In Time est un EP spécial pour moi, et je pense que Seuil l’a apprécié lui aussi… donc on verra ! La vérité c’est que j’adore vraiment la musique française. J’aimais beaucoup jouer des classiques de piano français, comme Debussy ou Eric Satie. Et j’apprécie aussi la sensibilité des nouveaux artistes français tels que Anthony Collins, Dyed Soundorom, Shonky, Dan Ghenacia ou Masomenos…

Des projets pour le futur ?
Principalement la musique, je suis super excitée à l’idée de produire toujours de nouvelles choses. J’ai aussi une nouvelle bande originale de film en projet et deux concerts classiques cet été. Puis en septembre j’irai à Ibiza, Fabric etc… pour une tournée. J’espère qu’on se verra en France donc :)

2 Comments
  1. Trace A Line: Kate Simko Interview | Kish Communications says:

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