Zoom | Ellen Allien – Dust Remixes

Au moment de découvrir ce recueil de remixes du Dust d’Ellen Allien, j’étais honnêtement assez perplexe quant à la qualité du disque qui nous était proposé. Tout d’abord parce qu’il faut bien l’avouer, l’entité Ellen Allien n’est plus vraiment celle qu’elle a pu être durant les années 2000. Malgré une réputation restée immuable sur la scène techno mondiale et une présence toujours imposante de son label BPitch, qui compte parmi les plus grandes structures musicales allemandes, on a parfois senti qu’Ellen Allien commençait à s’essouffler, au même rythme que ses dernières releases. Ses deux derniers albums n’ont vraiment pas été à la hauteur des magnifiques Stadtkind et Berlinette, et aussi personnel qu’il soit, Dust n’a pas vraiment convaincu grand monde, même s’il a légèrement entrouvert la porte vers une qualité musicale retrouvée. Finalement, sans jamais tomber dans le mauvais goût ou le purement réchauffé, on admettra tout de même que ses derniers disques étaient tout simplement très moyens.

Et puis il y avait aussi cette appréhension liée au fait que ce Dust Remixes est avant tout une compile de remixes. Et de ma jeune expérience de blogger, je n’ai jamais écouté un seul album de remixes qui soit vraiment de qualité. Empiler une poignée de reprises d’artistes plus ou moins connus est une démarche assez risquée, qui s’accorde très bien aux maxis mais plus difficilement au long format ; pas la peine de chercher une quelconque ligne directrice au cœur de ce type de releases, il y a en a très rarement, pour ne pas dire jamais. Mais voilà, Ellen Allien restant Ellen Allien, et le casting des remixeurs étant délicieusement aguicheur, on avait envie d’y croire.

On s’y met, et ça commence plutôt bien avec un remix de Ripperton aux allures de piste d’intro, où des synthés à la fois relaxants et oppressants se confondent avec des vocaux fantomatiques dans une atmosphère un peu déstructurée. Jusqu’à la 4e minute et cette basse lancinante irrésistiblement groovy qui vient sublimer l’ensemble. Agréablement surpris, on enchaine avec la reprise de Bodycode, dans un esprit très house, des percussions qui s’envolent subtilement au fil des minutes et ces quelques notes de piano très bien placées qui viennent nous appesantir radicalement au milieu du track.
On baisse ensuite un peu le BPM avec les remixes jazzy d’Adultnapper, clairement connoté ambient et celui de Nicolas Jaar, qui était déjà sorti en format maxi mais qui fait toujours autant de bien dans un style toujours aussi inclassable. Tim Hecker nous gratifie ensuite d’un remix sans batterie qui sonne comme une sorte d’interlude et purifie l’auditeur avec ses nappes de synthés syncopées aux sonorités drone. Osé mais réussi.

Puis, un peu déçu par les remixes plus virulents de John Roberts et Aux 88, on commence doucement à s’ennuyer lorsque Fabrizio Maurizi vient secouer le tout avec son magnifique remix de Flashy Flashy, le premier de cette compile clairement orienté club. Des synthés percussifs et hypnotiques sur une batterie qui évolue en permanence, la reverb y joue pour beaucoup mais on se dit tout de même que c’est un vrai tube.
A peine réveillé, on se penche sur la reprise de Shonky, qui a pris la direction d’une tech house dancefloor un peu pop mais très solide. Puis celle de Camea, avec ses deux jeux de synthés un peu débiles qui n’ont presque rien à voir mais qui s’enchainent très naturellement, pour un rendu terriblement club. Une grosse bombe qui reste à mon goût l’un des meilleurs tracks de l’album. Après cette belle claque, on finit avec les remixes de Munk, très rock et disco, de Kassem Mosse qui reprend un virage plus techno mais amorce tranquillement la fin du voyage, et celui de We Love qui clot l’album sur une note violemment discoïde.

Au final, on ne peut qu’être satisfait de cette release. Certains des remixeurs s’en sortent bien, d’autres nous ont crées de vrais tubes, mais en tout cas personne n’a vraiment déçu. Et même si la belle brune de BPitch n’est pas vraiment aux commandes de cet album, il vient tout de même relever le niveau décevant de ses récentes sorties. En espérant que ça continue ainsi.

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Tracklist
01. My Tree (Ripperton’s Backlash Remix)
02. Dream (Bodycode Remix)
03. Huibuh (Adultnapper Remix)
04. Flashy Flashy (Nicolas Jaar Remix)
05. Sun The Rain (Tim Hecker Remix)
06. Should We Go Home (John Roberts Remix)
07. Ever (Aux 88 ‘Black Tokyo Remix’)
08. Flashy Flashy (Fabrizio Maurizi Remix)
09. Searching (Shonky Remix)
10. Schlumi (Camea’s ‘I’m in the neighborhood’ Remix)
11. You (Munk Remix)
12. Our Utopie (Kassem Mosse Remix)
13. Sun The Rain (We Love Remix) (Digital Bonus track)

Beatport

1 comment
  1. Emmanuel says:

    Sool était quand même assez mortel comme album, même si il m’a fallu du temps pour l’apprécier…

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