Paulina


Kitsch – se dit d’un style et d’une attitude esthétique caratérisés par l’usage hétéroclite d’éléments démodés ou populaires, considérés comme de mauvais goût par la culture établie par l’économie industrielle.
Cimer Robert. La sélection du jour respire la poussière, la nébuleuse du début d’année. Le décor est enfumé comme une mise en scène des 80′s, estompant des costumes aux couleurs criardes. J’écris avec un mal de tête tenace, histoire d’agrémenter le tout de quelques plissages de front.

Dès la première seconde, cet edit sent le vintage à plein nez. Walter Jones frôle la caricature à grands coups de synthétiseurs naïfs et parfois agressifs, conciliant Chinatown et la Disco débridée. Nous sommes en 2006 sur Supersoul Recordings, une structure appartenant à DFA et Satan apparaît brièvement sur le break à 4:40.

Walter Jones – The Odyssey Sound (Mogg & Naudascher Edit)

Une rapide rétrospective de 2010 met à l’évidence un constat simple : Kink n’a fait que des tubes, et on les a tous joués. Ses productions ont tâté Ovum, Systematic, Dirtybird ou Mule Musiq sans démordre du succès. Le dernier en date partage la vedette avec son acolyte, Neville Watson, pour deux morceaux qui empruntent une nouvelle fois à un arsenal connu : groovebox Roland, nappes fleurant bon Chicago, effets datés… Kink s’accapare et dépoussière plus ou moins l’héritage des anciens, surtout lorsqu’il sort sur un label comme Hour House. Les maxis en prévision s’annoncent encore meilleurs, notamment sa prochaine apparition sur Liebe Detail qui risque de limer quelques diamants. J’oublie son génial podcast pour Resident Advisor, car notre Bulgare préféré produit également des sets excellents. J’arrête cet éloge sans fin pour laisser la basse remuer.

Kink & Neville Watson – Metropole

J’ai découvert un peu tard le label Endless Flight et ses déambulations Disco. Cette branche de Mule Musiq signe le travail de KZA, un Japonais atypique qui, à la manière de certains artistes diffusés par Clubberia, a sans doute dû collectionner activement les BO de pornos économiques. Moitié du duo Force of Nature, il multiplie les samples excentriques (voir le lunaire Capricorn sur son album Dig And Edit). Dans ce dernier maxi, on imagine aisément Bonisseur de la Bath s’amuser avec une TB303. Vous serez prévenus.

KZA – Le Troublant Acid

Le vent se lève. Ce morceau hurle, pile dans les aigus, au rythme d’une basse chancelante et d’un saxophone sur la corde raide. C’est les dents serrées qu’on subit les déferlantes percussives ponctuant chaque riff, cymbales en avant. Pour le coup, Oleg Poliakov émet un groove malsain, poussant plus loin cette signature entendue sur Caravan ou Jungle Warfare. Là, ça ressemble un peu à une scène censurée des Aristochats, dans laquelle le siamois aurait forcé les doses. Crade. L’EP est paru chez Circus Company courant décembre.

Oleg Poliakov – Comet

Seedy Films, c’est cette idée de coller une clarinette virevoltante et absurde sur la voix de Marc Almond. Qui est le plus bancal ? Les envolées du chant, les synthés detunés, ou les paroles dirty à souhait ? Ces cinq minutes ne tiennent pas debout et en sont d’autant plus irrésistibles. Le titre traverse 30 ans les mains dans les poches, et ne perd pas une once d’érotisme. Immanquable en un mot.

Soft Cell – Seedy Films

Quel pied d’entendre un titre comme celui-ci. Notre destination finale sera Spectral Sound, label qu’on n’a plus vraiment à présenter ici. Habitué à des productions expérimentales et acidulées, James T. Cotton offre cette fois une bouffée de Chicago House pure. La basse donne le ton sans préliminaires. Peu d’innovation, et alors, le but est de dandiner les épaules. Jack est dans la place et se trémousse sur un vocal bien gay et répétitif comme on les aime. A la prochaine.

James T. Cotton – On Time

2 Comments
  1. Look! says:

    Le KZA est incroyable, merci pour la découverte !

  2. kin says:

    pareil c’est celui qui ma le plus emballé, pourtant pas mon style

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