Dîners Techno


La dynamique des fluides est fraîche ce soir. Pour échapper à cette morsure d’Éole, rien ne vaut la compilation Kraftwerk + Figolu. C’est fou comme la « choucroute » réhausse la figue, et inversement. Le morceau s’arrête, et je peux entendre la voix de Bobby Vinton résonner depuis le club gay du rez-de-chaussée. Aucun doute, les conditions sont réunies pour concocter la sélection du moment.

C’est ça, fait semblant de commencer. Le ton est donné. Avec un nouvel album chez Desolat, Pulshar s’amuse de la dub, de sa voix, des métissages. Dans le lot se démarque rapidement ce titre, à la fois le plus simple et le plus prenant. Une ballade lancinante, façon émerveillement au ralenti. Tu es Atlas et tu portes le monde du trip-hop. Avec un gros filtre. Et une petite trompette, à la grecque.

Pulshar – Da Creator

Pascal Dinkert naquit dans un sampleur. Bien crade de toute évidence. Son second EP sous le pseudonyme Dollkraut est paru en début d’année chez Doppelschall. Pour ce morceau, tempo ras les pâquerettes, et on épure : pied gras, basse tout aussi grasse là-bas derrière, sur lit de craquements dégueu. Un charley mignonnet, deux ou trois samples bien sentis, Stop. C’est Loot, la chanson d’amour pour néon défectueux. Du langoureux, du poussiéreux. Precious Fool est à écouter également sur le même EP, de la mise en bouche électronique sans faille. Ces morceaux-là permettent d’augmenter le taux de natalité, primordial pour pérenniser nos sociétés.

Dollkraut – Loot

Entendons-nous, I:Cube est un génie. Et ce remix sonne comme un remaniement ministériel. Track plutôt passée inaperçue, l’électronique de I Led 3 Lives prend ici une forme plus consistante, nourrie par de superbes nappes filtrées. Puis badaboum, branle-bas de combat, Krank obtient enfin son rêve, court mais intense. Ni plus ni moins qu’un « eargasm ». Ce type insuffle une âme à tout ce qu’il touche.

I Led 3 Lives – Juinis (I:Cube Remix)

Delusions of Grandeur. Derrière cet intitulé délicieux, on trouve une douzaine de maxis qui fleurent bon la House et le Disco. Le label britannique aime les sonorités Deep, lentes et vieillies, et signe une bonne dose de perles en un an. Au milieu de ce bain relaxant, une bulle pas comme les autres, un intrus procure une agréable surprise : un certain Alpha Child, dont la discographie se limite à ce morceau selon discogs. Cette fois, pas de chichis, voici de la Techno fourrée à la figue, plus profonde que la crise économique, assommante par sa basse exagérée. Et puis, au dernier break surgit le synthé dubby le plus bandant depuis la création de la femme/la naissance de Larry Heard, au choix (qu’est-ce que je peux dire comme conneries). Transpiration et fausse innocence assurées.

Alpha Child – Gamma Ray

Toujours en Angleterre avec l’ami Lone, aficionado des déconstructions à la limite de l’inaudible. J’avais déjà eu un gros coup de coeur pour Fly Fire Rainbow, ballade cosmique et sensuelle chez Dealmaker Records. Pourtant, son dernier EP en date trouvera plus facilement une place dans un set effrené. Pineapple Crush fouille l’héritage Uk hardcore, doublé du feeling House from Chicago. Tout ça colmaté par un synthé de folie. C’est clair, Lone aime les vieilleries (au point de réutiliser ce sempiternel sample de James Brown) et tant mieux, car le résultat est mortel.

Lone – Pineapple Crush

Le bonus du jour, c’est un Musique Non Stop bidouillé, avec des bouts du morceau Boing Boom Tschak. Cette version provient d’un album au concept étrange : mettre les tubes de la centrale électrique à la mode de 1991 – c’est-à-dire façon acid house molle des fesses – tout en superposant leurs morceaux (le premier qui dit Alive 2007 reçoit un soufflet). Bon, je vais pas faire le laïus que tout le monde connaît comme une table d’addition, mais les deux originaux datent de 1986. Le mélange est ubercoolische.

Kraftwerk – Musik Non Stop

Assez de sottises. Et surtout, bonne bourre.
*Crédit photo

3 Comments
  1. Louj Freske says:

    Tu t’es défoulé sur ce coup.
    Personnellement, j’aurais dis « Poing Poum Tchak », mais si tu insiste, on gardera ta version des faits.

  2. Fauna says:

    C’est tout de même dingue cette façon de décrire la musique. J’adore. Un immense merci pour le Pulshar. J’en redemande !

  3. DonDraper says:

    Exellent le Pulshar <3

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