« La musique est mon ange »

L’introduction manque évidemment de naturel, compte tenu de la date du précédent post. Soit. J’éviterai de m’éterniser à propos de la température, du frigo et des mouches. Profitons plutôt d’un (rare) moment de creux dans ces vacances pour s’intéresser aux sonorités qui nous animent. A vrai dire, la playlist qui suit ne s’avère pas plus estivale que les autres. Tout au plus est-elle inspirée par les cheveux féminins qui jonchent le sol. Ou ceux d’Ellen Allien, petite révélation de ce mois de Juillet. Au diable les saisons.

Monté en novembre dernier par Brendon Moeller, le tout jeune label Steadfast Records compte une poignée de sorties. Dans une constante très Dub, le fondateur et ses quelques acolytes apportent une variante plus Deep voire Funk à un genre qui manque souvent de chaleur. Je choisirai ici Unuh. Un véritable ventilateur (comme tu dis) que ce titre produit par l’association de Brendon et Shigeru Tanabu. Groove planant, disco lunaire et sexy, parfait pour se prélasser et regarder le soleil droit dans les yeux. Et avec ceci, les pochettes sont assorties d’une silhouette de gorille. Vraiment tout pour plaire.

Manaboo – Unhuh

Après cette douce entrée en matière, il est temps de fermer les stores. Ambiance noyau terrestre pour ce rouleau Techno produit par Peter Van Hoesen. Son album Entropic City sorti en mars regorge de perles souterraines et fouillées. Dans ce format, Peter se permet des atmosphères encore plus pesantes qu’à son habitude. Le morceau s’intitule Dystopian Romance, on imagine très bien pourquoi. Avec la thématique du dernier Robert Hood, il devient de bon ton de confier une bande-son technoïde à la fin du monde.

Peter Van Hoesen – Dystopian Romance

Pour beaucoup d’instrumentistes, le groove ne peut se transposer à la musique électronique. Les infimes décalages humains dans la rythmique, propres à la pratique de l’instrument, seraient la seule voie vers cette sensation. Je ne suis pas d’accord. Ne me demande pas comment, mais cette alchimie fonctionne aussi avec un ordinateur. C’est d’ailleurs ce qui différencie souvent la House banale d’un titre particulièrement remuant. Allez, partons à la recherche du groove électronique dans une release de l’espagnol Sebastian Roya. L’assemblage rythmique paraît ici simple : kick, contre-temps batidesque, charley discret, snare bref, percus et babioles cosmiques disséminées ça et là. Pourtant, les dynamiques opèrent, ça bouge. Et l’on finira par dire quelque chose du style « Minimal Techno Groovy ».

Sebastian Roya – Compresion

En parlant de Minimal Techno. Jusqu’à preuve du contraire, les éclats de Dubfire et de sa clique ne se sont pas reproduits cette année. Souviens-toi, Grindhouse, ce bon vieux bulldozer de l’été 2008. Dans son sillage, bien des producteurs avaient incorporé des basslines surdosées à leur Minimal. J’ai toujours ce tool à portée de main : un EP de Matt Nordstrom, la moitié du duo Nadastrom (la ressemblance s’arrête ici) sorti chez Saved Records. Le beat est puissant, la construction fait formidablement son effet.

Matt Nordstrom – Lucky Drawls

Je ne peux pas m’en empêcher. Jouer des titres presque aussi vieux que moi. Ici en l’occurrence, nous sommes en 1995 avec The Mole People, alias à usage unique du bien connu Armand Van Helden. 13 minutes de va-et-vient inlassable, il fallait oser. Un classique de chez Strictly Rhythm. Indémodable. Le genre de cerise qu’on aimerait entendre plus souvent. I get Deeper, I get Deeper.

The Mole People – Break Night

Egbert, ou la coqueluche de Cocoon et Gem Records. En quelques EP, le Hollandais s’est fait une place de choix à l’intérieur du paysage électronique. Ses productions denses regorgent d’influences, revisitant différemment le goût pour la mélodie cultivé à Detroit. Egbert s’inscrit dans ce que l’on pourrait appeler une Techno hédoniste, sans jamais tomber dans le fromage. Stroom figurait sur sa première sortie, chez Lo-Fi Soul, en boucle dans mon Itunes depuis des mois. Avalanche d’harmonies synthétiques qui semblent exciter le complexe nerveux dans sa totalité. Pas mal pour une première, n’est-ce pas ?

Egbert – Stroom

Personnellement, ce genre de track bouffe mes calories. Je m’arrêterai donc ici.

Une pensée à la Death Parade et ses victimes. En espérant des mesures judicieuses à l’avenir dans ce type d’event.
A bientôt.

7 Comments
  1. Leo says:

    bien vu le mole people guilaisspeuh

  2. Shellshock says:

    ! Coquille !

    Sebastian Roya = Egbert !

    Sinon très bon post.

  3. kincho says:

    gg repost

  4. Louj Freske says:

    Je connaissais pas le Mole People, excellent.
    T’aurais du poster Utopia à la place de Unhuh, mais bon..

  5. Stannah says:

    Un petit post de qualité après tout ce temps fait bien plaisir les amis :)

  6. mirkogiacomo says:

    nice and good tracks

  7. Romin Nichel says:

    Continues comme ça, la lévitation est dans chaque post.

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