Lui, il va me prendre la tête.

Hola. Ici Guilesp, recrue fraîchement repêchée par le navire Trace A Line. J’officiais autrefois dans mon bloguscule « ADVR », et c’est sans trop de regrets que je tire le trait, à proprement parler. Voilà pour l’histoire. Quoi d’autre ? Je suis jeune, autiste musicalement parlant, je mixe de la Techno poussiéreuse et dantesque sur mes mk2 quand je ne fouine pas dans la masse infinie de musique électronique disponible sur le net. Le vinyle, ça apprend à sélectionner la crème, les morceaux qui possèdent une véritable aura, la soul des machines tout ça tout ça. Enfin j’espère. On est parti.

Les lecteurs comme les auteurs de cette page, tous ceux qui sont passés du côté obscur de la force, là où la musique se construit par infimes détails autour d’un kick impassible, ceux-là ont connu, à un moment donné, le déclic qui amorça leur transition musicale. Non, je ne tente pas de te convertir à la scientologie. Simplement, un beau jour, alors que tu encrassais encore tes oreilles avec de la soupe formatée M. tout le monde, un son pas comme les autres arriva, plus ou moins par hasard, dans les membranes de tes enceintes. J’entendis ainsi Schwarzes Gold il y a quelques années. Boris Brejcha alias Anna dans toute sa splendeur : cliquetis, samples loufoques et rebondissements en rafale.

Anna – Schwarzes Gold

Venons-en de fait à quelques actualités fort sympathiques. La répétition, c’est notre sujet. Aimer la Techno, c’est quelque part accepter la répétition, accepter de laisser le temps opérer. Gabriel Ananda nous fait une démo sur ce remix tiré du dernier Herzblut Recordings. 7 minutes construites avec seulement quelques syllabes et un bon groove qui colle aux pattes. Dit comme ça, il serait possible de s’attendre à un énième beat Tech House. Raté, Ananda a l’art de dépasser les conventions. La version du français Oxia ne manque pas d’intérêt non plus, quoique finalement plus classique. We will take control.

Nicolas Masseyeff – No More Time (Gabriel Ananda Remix)

Dub Dub Dub. Presque 20 ans après les premières expérimentations de Basic Channel, la Dub Techno refait largement surface et infiltre nombre de releases récentes, avec parfois une touche tout à fait novatrice, comme cette complète relecture du grec Argy. Chez Deeply Rooted House, il est en effet de bon ton de recycler ces bonnes vieilles techniques de production, en témoignent les derniers Ben Klock du label. Dans notre cas, la Dub lourde se voit étouffée par un soleil et des chants parsemés. Un paradoxe pourtant très efficace, tant la profondeur du morceau transpire dans les oreilles.

Blackjoy – Monilola (Argy’s Re-201 Mix)

Plus sensuel encore, le morceau d’intro du dernier album de Martin Buttrich. Départ aux saveurs de clarinette basse, gémissements et autres percussions malicieuses. Puis cette voix, bien entendu, un délice dans notre langue française si peu usitée habituellement, en Allemagne qui plus est. Je t’invite par ailleurs à parcourir le reste des pistes, toutes aussi riches. Grande classe.

Martin Buttrich – Tripping In The 16th

Quelques jours en arrière se produisaient aux Nuits Sonores le désormais connu duo du Berghain, Dettmann & Klock. Autant dire que les deux compères se délectent d’une Techno abrupte et sans concession aucune. Le Bpm penche régulièrement au-dessus des 130, les vinyles s’enchaînent, la tension monte, et l’on peut distinguer soudain un rythme en reverse, le début d’un titre qui, tel ce bon vieux biscuit de Proust, renvoie instantanément le public une décennie plus tôt. Oui, c’est bien cela, Arkest’s Blaze, 1999, Music Man Records. Des après-midi entiers à écouter ce titre sur un piètre lecteur cassette. Mon précepteur se reconnaîtra.

Gerd – Arkest’s Blaze

On se sent si bien dans cette fin des 90’s. Tiens, prends ce Roulé par exemple. Bangalter au sommet de son art. A des kilomètres des sons proprets et plats qui font l’actualité, voilà un kick sale, un décalage grossier, silence. Et sans autre préliminaire, les samples funkys et géniaux sont offerts en patûre à la scène French Touch.

Roy Davis Jr. – Rock Shock (Thomas Bangalter’s Start-Stop Mix)

C’est un peu le must pour terminer, n’est-ce pas ? La vieillerie qui met tout le monde d’accord, finie la querelle des Anciens et des Modernes. Tiens, je crois qu’en quelques rapides chroniques tu vois déjà venir mes leitmotivs sur leurs gros sabots.

Sur ce, bon appétit auditif et à la prochaine.

12 Comments
  1. Look! says:

    Si je m’attendais à voir ce fabuleux remix de Bangalter sur TAL… Prend ça dans ta gueule Walk’ !

  2. walkmAn says:

    So..? Perso ce morceau me plait pas, mais je ne représente pas les goûts de tous les rédacteurs présents ici, et heureusement.

  3. Mucarré says:

    une introduction qui donne envie par son éclectisme.

  4. ozenda says:

    Bon je suis obligé de laisser un commentaire pour dire que Guilesp a l’air très interessant. C’est du bon cet article et ca promet pour la suite.

  5. Arno says:

    Sympa cet article !
    Belle playlist, je reconnais pas mal de ces morceaux :)

    Le Blackjoy – Monilola (Argy’s Re-201 Mix) fait toujours son effet quand je le joue en club, une tuerie !!! Le seul morceau qui ma mis en trance !

  6. Karge says:

    susu à toi lespgui

  7. francmaçondu49 says:

    j’ai la bouche pleine de semence et d’or noir.
    putain de l’or noir.
    vla l’orage.

  8. Xixy says:

    Excellent article, bien rédigé mec.
    Et trouver du Bangalter ici, c’est pas commun. Ce remix est fanta en tout cas.

  9. Friedrich says:

    pourquoi ta version d’arket’s blaze est elle aussi lente? Tu l’as ralenti pour l’occasion?

  10. Guilesp says:

    Merci pour les feeds !
    Concernant le Gerd, le mien provient d’ une vieille compil’. Il semble pourtant que l’original mix soit à cette vitesse. Question d’habitude peut-être…

  11. Faunà says:

    Très très bon article. Playlist incoutournable, 0 faute.
    Merci, j’en redemande !

  12. haizee says:

    HOT HOT HOT!

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