Lost in wilderness

Souvent rattaché à une musique techno minimaliste et hypnotique, fleuretant parfois avec des ambiances plus calmes et mélodiques, Pantha du Prince est très vite devenu une vraie référence dans le milieu de cette bande de producteurs allemands qui font les beaux jours de la musique électronique outre-Rhin. Certains lui reprochent un certain manque d’audace, critique que je n’approuve pas, et que j’ai du mal à comprendre, à vrai dire. Et sans aller jusqu’à lui vouer un culte (il n’y a que Danton Eeprom qui parvient à m’enthousiasmer à ce point là, vous le savez bien), c’est un artiste que j’affectionne énormément, et qui réussit encore à me surprendre de jour en jour. Parce qu’il faut le dire, le personnage tranche, et sort de l’ordinaire, et même si sa musique se veut parfois être un poil trop répétitive sur les bords, je crois qu’il n’y a pas lieu de trop s’en plaindre ; ça change, c’est frais, c’est osé, et ça permet surtout d’ouvrir quelques oreilles à des sonorités moins consensuelles. Bref, l’éloge s’arrête ici, même si je pourrais en écrire des tonnes et des tonnes encore, je pense… Ah, et juste pour l’info, (merci Karge), le petit protégé de Dial vient de signer sur Rough Trade Records, label sur lequel il sortira en février prochain son troisième album, joliment surnommé « Black Noise ». Et j’allais presque oublier l’essentiel ; ce remix des Long Blondes, parfaitement mené de bout en bout, très techno et très pop à la fois, où la voix retravaillée de Kate Jackson m’a simplement laissé ébahi et médusé, et où Pantha du Prince peut laisser libre cours à ses penchants mélodiques et ses arrangements techno très sombres. C’est beau, ça donne des frissons, c’est parfait quoi, et ça donne le coup de cœur du mois.
>> The Long Blondes – Guilt (Pantha Du Prince Remix)
On reste en Allemagne, on file à Cologne, et on fait une escale avec Michael Mayer, la moitié de Supermayer, ce groupe qu’il a formé il y a quelques années avec son pote Superpitcher (le sosie de David Guetta, ui ui) (souvenez vous ce remix de Gotye que walk a posté un peu partout à droite à gauche et dont j‘ai également vanté les mérites à plusieurs reprises, c’était bien d’eux, bref). Donc, tout ça pour dire que j’ai écouté dernièrement son album, Touch, qui date certes, mais qui m’a foutu quand même une très belle claque. De bout en bout, l’album va là ou on ne l’attend pas ; ça dégouline dans tout les sens, les rythmiques sont prenantes, ça donne envie de danser, de se défouler, les sonorités semblent travaillées, mâchées, ingurgitées, retravaillées, encore et encore, jusqu’à l’épuisement, et le tout suinte d’une manière très évasive et surement trop imprécise. Le voilà le seul problème, c’est que c’est bien trop court, seulement huit titres qui s’apparentent plus à une collection de maxis qu’à un véritable album, mais ce n’est qu’un avis personnel, après tout… Mais j’aime, oh que oui, j’adore même, et je le conseille vivement à tout le monde. (dit-il en roulant… pis cinq minutes après) Bon ben du coup je sais plus trop où j’en suis, je sais plus vraiment laquelle vous faire écouter ; allez, au petit bonheur la chance, elles se valent presque toutes en fin de compte.
Bref, vous l’aurez compris, pour moi, Michael Mayer, c’est le bien. Mais au-delà de l’album et du projet Supermayer, force est de constater que sa discographie n’est pas des plus fournie ; quelques maxis par ci par là, la plupart sorties sur Kompakt (gage de qualité, forcement), et aussi, mais surtout, une poignée de compilations qui pourraient faire jalouser une bonne partie de ses compatriotes germaniques ; la plus mainstream, c’est celle pour la Fabric, la mieux réussie, c’est celle pour la série Speicher ; et comme d’habitude, on se surprend à découvrir des morceaux sortis de nulle part, pis on cherche, on cherche, jusqu’à trouver l’originale, et quand c’est fait, c’est pas vraiment l’extase, mais ça s’en rapproche grandement (mouahh). Bref, je m’en sors paaaaas, enchainons. Wighnomy Bros. je suppute que c’est allemand aussi, en tout cas c’est ’achement minimaliste (pour changer), il se passe pas grand chose, c’est vrai, mais personnellement, la sauce prend, et ça a au moins le mérite d’être intriguant et captivant.
>> Wighnomy Bros. – Wurz+Blosse
Je sais pas pourquoi, je n’arrive décidément plus à écrire un seul billet sans parler de Danton Eeprom (on appelle ça l‘amour j‘crois bien, hein, ha). Arghhhh non non, ne partez pas, pas maintenant. Je vous rassure, pas de Yes is More aujourd’hui, je crois que vous en avez eu assez pour les dix prochaines années, entre walk et moi, pas d’InFiné non (et à vrai dire, je commence à me faire taper sur les doigts à force d’en poster à tout bout de champ), mais un peu de Fondation, pour changer un peu (mais pas trop quand même). Le morceau qui suit n’est surement pas conseillé à tout le monde ; ça tabasse sec, ça mitraille du début à la fin, et ce pendant 12 longues minutes, c’est virulent, limite malsain et glauque, fin je sais pas trop, je trouve que c’est un peu comme le chocolat, à force ça écœure mais je m’en lasse pas… (nul, nul, je sors, ok, pardonnez moi il est 5h14). Bref, écoutons tous ensemble.
>> Sergey Suokas – Sweep My Synth Away
On en revient de nouveau à Kompakt (décidément…). Bon, Closer Musik, je sais pas vraiment si ça vous parle… nan ? Ca tombe bien parce que moi non plus en fait. Je sais juste que c’est un duo, à la base, qu’ils viennent de splitter il ya peu de temps (dommage d‘ailleurs…), et que ça s’apparente à une sorte de mélange entre tech house et minimal, avec une touche d’ambient en prime. Moi je trouve ça beau, ça s’écoute tout seul, pour le reste, wiki it, myspace it si t’en a envie.
Gregor Tresher n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un débutant. Ce trentenaire originaire lui aussi d’outre-Rhin (c’est maladif chez moi, j’aime me répéter, et j’aime l’Allemagne, vous inquiétez pas), a même été élu par je sais plus quel magasine/webzine comme le « Best Producer 2006 », ui ui, preuve qu’il ne se contente pas d’appuyer sur quatre boutons simultanément ; il a du talent, et il le prouve encore une fois sur son dernier album, « The Life is Wire », sortit il y a quelques mois. Et Awaking Life Inside fait partie de ces tracks particulières, qui s’agrafe, et qui vous colle à la peau, inoculant l’envie irrésistible de bouger, de transpirer ; on découvre, mais pourtant Tresher nous donne l’étrange impression de l’avoir déjà écouté des centaines de fois ; simple et efficace. Remarquable.
>> Gregor Tresher – Awaking Life Inside
Au début, elle a commencé comme chanteuse dans un groupe de rock au début des années 90 (j’ai écouté, et à vrai dire c’est très moche), puis, au fur et à mesure que les synthés et les samplers ont commencés à alimenter les ressources musicales du groupe, Ada a, elle aussi, également commencé à explorer les sentiers battus de la musique électronique. Et elle a bien fait. Abandonnant sa première passion pour se lancer dans un milieu ou les personnalités féminines peuvent se compter sur les doigts d’une main (humm voyons, Allien, Chloé, Clara Moto, Cardini… qui d’autres ?), elle enchaine les maxis à une vitesse incroyable, sort son premier album en 2004, et signe début 2009 sur… Kompakt. Rien que ça. Croyez le ou non, quand Ada se met à la prod, c’est classe, quand Ada collabore avec Raz Ohara, c’est beau, quand Ada se fait remixer, c’est généralement très très bon, pis quand elle s’essaie à l’exercice, comme sur ce morceau de Kiki par exemple, ben elle nous pond un de ces ovnis electro pop qu’on a pas l’habitude d’entendre très souvent. Bref, belle découverte pour moi, je tombe sous le charme.
>> Kiki – So Easy To Forget (Ada Remix)
>> Ada – Fizzmann (Dee Pulse Remix)
On continue avec un truc tout beau tout calme tout gentil tout bien comme il faut, à écouter de préférence face à un coucher de soleil sur une plage déserte en bonne compagnie. Sinon, au casque dans son salon dans un état second, ça marche aussi (testé et approuvé).
>> Taschenrechnermusikant – Long Time
Bon, sinon, Enola a sortit dernièrement son premier album, judicieusement nommé « Alone » ; j’ai écouté, plusieurs fois même, et c’est vraiment très sympa. Je vais pas m’attarder sur le sujet, le webzine Input Selector en a fait une belle chronique il y a peu, chronique que vous pouvez retrouver là. J’aurais bien voulu vous poster quelques morceaux, mais chez Inital Cuts ils ont pas trop trop aimé l’idée, alors on fera sans ; ce que je peux vous préconiser : écouter l’album en stream sur le lien que je vous ai filé juste là haut là, pis vous délecter de ce superbe remix de Rodriguez Jr. du premier single, « Words In A Bottle ». Je link vers fairtilizer, pis si ça vous plait, ben vous savez quoi faire, hein.
>> Enola – Words In A Bottle (Rodriguez Junior Remix)
Cadeau de lamorkitu :
Paul. Kalkbrenner. Berlin Calling. 6min30. Alors là, si vous vous souvenez bien, on entend ce bruit de fermeture des portes du tromé, pis la rame qui avance, pis Paul qui fait joujou sur son ordi et nous sort une ébauche d’une musique qui semble complètement dingue. Ben cette musique, elle est là ; y’a plein de choses que j’aurais à lui reprocher, à commencer par le fait que c’est bien trop court, mais là j’en peux plus d’écrire, alors écoute, c’est BEAU SA MÈRE.
Kikoo les coupains.

Chris Clark revient sur Warp avec un nouvel album intitulé Iradelphic, à paraître le 30 mars prochain.



28 novembre, 2009 at 20:00
Flemme de lire.
28 novembre, 2009 at 20:04
Demain je lis
29 novembre, 2009 at 16:14
Trop long spud . t’aurais du écrire dans ta langue bizarre de l’autre jour là . HAHAHAHA
29 novembre, 2009 at 20:51
Merci beaucoup pour le pingback ;)
Superbe sélection de titre (à part le Fondation à mon goût)
Un énorme merci pour le Kalkbrenner !!!
Et hop un nouveau blog dans mes RSS ;)
30 novembre, 2009 at 10:16
Merci à toi Arno :D
Ca fait plaisir, venant d’un webzine comme le votre!